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Top Image : Bienvenue A Gattaca [page 4]

Par Nicolas Houguet - publié le 15 avril 2008 à 06h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h15 - 0 commentaire(s)
Lumière et composition des plans
Un point est également fondamental, les extérieurs et leur rendu saisissant, comme ce plan sur la mer qui miroite lorsque les deux frères nagent… Il est toujours extrêmement délicat de trouver l'eau aussi richement détaillée. Les fondus de la clarté vers l'obscurité sont gérés avec fluidité et précision, avec un raffinement dans les contrastes que l'on ne voit que trop rarement.



Un plan en particulier annonce l'émerveillement des extérieurs, celui où le héros est homme de ménage à Gattaca et voit son premier lancement. La perspective est profonde, au loin, on voit le lancement qui s'élève dans le ciel et les collines tout au fond, dans un crépuscule rosé, se reflétant sur les voûtes vitrées. Cette profondeur de champ nette et merveilleuse sera encore confirmée par la suite lorsque le héros assistera au lever de soleil sur Gattaca, à ces panneaux métalliques qui s'étendent jusqu'au fond de l'image et qui reflètent l’astre. Les extérieurs, tous baignés de cette lumière étrange, magnifiée par un filtre doré, renforcent l'atmosphère du film. Ils trouvent ici une netteté et un raffinement qui renforcent leur force évocatrice.



Enfin la composition des plans (souvent symétriques) est mise en évidence à l'intérieur de l'appartement de Jude Law, notamment lorsque le héros est étendu par terre avec des appareils pour lui allonger les jambes. Law est dans son fauteuil roulant au second plan. On discerne les lignes parallèles et la grande harmonie qui préside à la composition de la scène. L'image est si nette jusque dans ses moindres détails que l'on apprécie pleinement la beauté géométrique, la précision méticuleuse de la mise en scène. Cela renforce la grâce du film, de même que la gestion des contrastes permet d'apprécier la minutie avec laquelle la lumière est gérée tout au long du film.


Le visionnage de ce DVD devient un véritable plaisir d'esthète où l'image est si minutieuse qu'elle permet d'apprécier et d'analyser l'oeuvre jusque dans ses moindres détails. Non seulement elle ne souffre d'aucun reproche mais elle atteint une telle perfection qu'elle permet de redécouvrir le film, d'en détailler la richesse, autant formelle que thématique, de le voir comme si c'était la première fois. Ainsi voilà une éclatante démonstration de ce qu'on entend lorsque l'on dit qu'un film peut trouver une seconde vie en DVD, que l'on peut en acquérir une connaissance plus intime et plus précise. Bien que les suppléments ne sortent pas de l'ordinaire, la qualité visuelle de Bienvenue à Gattaca vaut véritablement le détour. Chacun des parti-pris esthétiques du film s'impose comme une évidence à nos mirettes émerveillées.
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