Des amis de trente ansAvec le temps, l’importance de Toshio Suzuki semble aller croissante. Ainsi, c’est encore lui qui suggère à Miyazaki d’utiliser un des projets de statue du Musée Ghibli pour en faire le design du bâtiment éponyme de
Le Château ambulant. Véritable figure publique, possédant sa propre émission de radio à Tokyo et devenant le porte-parole de Miyazaki lors dès la sortie de
Le Château ambulant dans le monde, Suzuki acquiert une totale liberté de manœuvre lorsqu’en 2005, Ghibli rompt définitivement avec Tokuma. Parmi ses nouvelles actions, il insiste auprès de Goro Miyazaki, fils d’Hayao, pour qu’il réalise
Les Contes de Terremer dans l’espoir qu’il prenne la succession du studio et se réconcilie avec son père. Des espoirs malheureusement déçus, Miyazaki rejetant publiquement et très cruellement le film. Encore une fois, il en faudra bien plus au producteur pour se déclarer vaincu, puisqu’il vient de confier l’un des prochains films du studio à Goro. Et puis Suzuki reste également actif en dehors de ses collaborations avec Takahata et Miyazaki : il produit pour son ami
Mamoru Oshii Ghost in the Shell 2 : Innocence, et retrouve l’un des plus jeunes animateurs de
Nausicaa de la vallée du vent, Hideaki – Evangellion – Anno pour son film
Ritual. Et même quand il quitte la présidence de Ghibli en 2007, Toshio Suzuki ne peut se résigner à délaisser son poste de producteur : « Plus de trente ans après avoir rencontré Miyazaki pour la première fois, je peux parfois me lasser de le voir et de lui parler quotidiennement. Un jour cependant, je me suis demandé pourquoi nous ne nous étions pas suffisamment fatigués l’un de l’autre pour nous séparer. Je crois que c’est parce que nous ne regardons jamais en arrière. Nous parlons toujours de maintenant ou de demain. Jamais d’hier. »