Par Benjamin MURIOT - publié le 09 juillet 2010 à 00h17
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Tout comme Blanche-Neige et les sept nains chez Disney, Toy Story a une place privilégiée dans la filmographie de Pixar. Parce qu'il s'agit bien sûr dans les deux cas de leur premier long-métrage, ce qui a son importance, mais aussi parce que ces films marquaient des avancées technologiques et artistiques prodigieuses, qui allaient catapulter leur studio respectif au rang de leaders de tous nouveaux marchés. Pourtant, plus encore que l'oeuvre séminale de tonton Walt, les aventures des jouets d'Andy sont intrinsèquement liées au destin de leurs géniteurs. Car comme le confirme la sortie ces jours-ci de son troisième épisode, Toy Story est devenu une véritable saga où personnages et thématiques évoluent avec intelligence, progressant sans cesse vers plus de maturité. Exactement comme Pixar qui, de film en film, s'est affirmé toujours davantage face au tout-puissant Disney, jusqu'à devenir le mastodonte de l'animation que nous connaissons aujourd'hui. Pour comprendre alors comment s'est produite cette évolution en parallèle, revenons sur la création des deux premiers chapitres de la saga par qui la gloire est arrivée pour Pixar...

Image Toy Story de John Lasseter - Pixar

 

Il était une fois... Pixar

Parce qu'elles sont particulièrement révélatrices du caractère précurseur de Pixar, nous ne saurions commencer sans évoquer les origines du studio. Il faut savoir en effet qu'il n'est pas apparu comme par magie pour créer Toy Story mais, bien au contraire, a participé activement au développement des technologies numériques et cela depuis le début des images de synthèse. Tout commence ainsi en 1979 lorsque Lucasfilm se dote d'un département pour élaborer des programmes à destination des animateurs 3D. Mis sous la direction d'Edwin Catmull, l'un des principaux futurs fondateurs de Pixar, le département jette les bases de ce qui deviendra l'incontournable moteur de rendu 3D 'RenderMan' et ne tarde pas à le mettre à l'épreuve sur des projets requérant des effets spéciaux novateurs, de Star Trek II : La Colère de Khan au Secret de la pyramide. Concluants, ces essais n'empêchent pourtant pas un Lucasfilm en perte de vitesse de vouloir se séparer du département et, en 1986, il le cède donc à Steve Jobs, tout juste débarqué d'Apple. Pixar venait d'être officiellement créé.

Il faudra pourtant encore attendre avant que la société ne se concentre sur l'animation car, dans ses premières années, celle-ci était dévolue à la vente de matériel informatique spécialisé (dont Disney était d'ailleurs l'un des principaux acheteurs). Le secteur étant cependant peu lucratif, Pixar a l'idée de promouvoir sa technologie à l'aide de plusieurs courts-métrages dont la réalisation est confiée à un certain John Lasseter, lequel est convaincu que les CGI représentent l'avenir depuis que deux amis lui ont montré leur travail sur Tron.

Image Tin Toy de John Lasseter - Pixar

L'entreprise maintenue à flot grâce à ses prestations pour quelques publicités, ses membres peuvent dès lors se concentrer sur ces petits films qui ne tardent pas à attirer l'attention de la profession et en particulier Tin Toy (1988), qui tape dans l'oeil de Disney avec son bébé godzillesque poursuivant un pauvre jouet mécanique. Au point qu'après les avoir rencontré courant 1990, Jeffrey Katzenberg - alors président de Walt Disney Pictures - leur commande un moyen-métrage spécial Noël autour de ce personnage. Mais il ne se passera pas un an avant que l'évidence s'impose à tous et en juillet 91, A Tin Toy Christmas devient officiellement un projet de long-métrage désormais connu sous le nom de Toy Story.
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