Steven Spielberg et ses ETS'ils avaient eu le même âge, Steven Spielberg et Michael Bay enfants auraient probablement joué dans la même chambre, mais un peu chacun dans son coin. Le premier, assis par terre en tailleur occupé à faire valser ses autos sur un circuit électrique parsemé de pétards. Le second, l'œil scotché sur un télescope, collant des étoiles phosphorescentes sur le mur d'une main, et bricolant un mobile de l'autre. En étant bien évidemment assis sur un T-Rex gonflable. Ben ouais, Spielberg sait tout faire vite et bien. Et s'il collabore enfin de manière un peu improbable avec Bay, c'est peut être parce que le savoir faire purement cinématographique de l'un pourrait s'associer avec les capacités techniques et destructrices de l'autre. Comme si le metteur en scène/producteur/chaperon dirigeait une production monumentale à distance avec un réalisateur de seconde équipe archi passionné par des excès visuels. Ce que, une fois encore, devrait être
Transformers.
Mais le plus étrange reste tout de même la présence même de Spielberg dans une affaire de robots géants qui dépouillent tout là où même dans ses films de genre les moins cérébraux, il était parvenu à constamment se servir du spectacle comme d'une issue scénaristique essentielle. La réponse se situe là haut dans le ciel bien évidemment. Et si le réalisateur a encore trop de décence pour ne pas se limiter qu'à des grosses poursuites en voitures démentielles pendant deux heures, il demeure en terrain connu lorsqu'il s'agit de faire débarquer sur terre les petits hommes… de quelque nature qu'ils soient. Et encore plus lorsque lesdits visiteurs copinent avec de jeunes terriens. Ce n'est donc pas un hasard si la première bande-annonce évoquait
La Guerre des mondes sous certains aspects. Et dans le genre, il reste encore à ce jour le meilleur pour nous faire avaler des couleuvres de cet acabit. Chose qu'il réitère ainsi dans un film où l'on se casse la tête sur Terre à fabriquer des engins de locomotion complexes depuis des années, et qui ne sont finalement que l'anatomie exacte et normale d'autres êtres, ailleurs dans l'espace.
C'est parce que la magie de l'un et que la folie destructrice de l'autre ont enfin trouvé un terrain d'entente - encore impensable lorsque Bay avait accouché de son premier
Bad Boys - que
Transformers risque de devenir une folle jubilation puérile. Une jubilation de petit garçon, devant laquelle les grands enfants de la génération Récré A2 risquent de baver comme lorsqu'ils faisaient "vroum" avec leurs majorettes dans les mains…
Sortie Cinéma France : 25 Juillet 2007Sortie Cinéma USA : 4 juillet 2007
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