Par Arnaud Mangin - publié le 06 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h03 - 0 commentaire(s)
Bien que particulièrement minimaliste, la sortie sur les écrans français de Capitaine Orgazmo relève de l'improbable le plus total. Et c'est pourtant dès mercredi prochain que le second long métrage des trublions Trey Parker et Matt Stone aura enfin droit à une sortie en salles après avoir été diffusé à la télévision puis en DVD. Tout dans le désordre, quoi. Un film particulièrement tordu qui arrive à n'appartenir à aucun genre (ça furète entre les Pythons, les ZAZ, ou le graveleux bien salace) et qui laisse échapper quelques zestes de leur chef d'œuvre qu'aura été South Park au cinéma comme sur le petit écran.


Pour ceux qui auraient loupé un épisode, Captitaine Orgazmo relate l'histoire d'un pauvre mormon adepte du karaté qui tombe et sonne par mégarde à la porte d'une maison où sont tournés des films pornos. Tout d'abord chassé vigoureusement parce qu'on ne dérange pas la juteuse industrie, il est soudainement pris d'affection par le réalisateur qui voit en lui un cascadeur intrépide. Le deal est simple : oublier quelques bondieuseries, et enfiler le costume du Capitaine Orgazmo le super héros qui met ses ennemis à terre en les faisant jouir avec son rayon à neutron. Joe Young – c'est son nom – devra alors régler sa vie en cachant à sa copine les projets auxquels il participe, mettre hors d'état de nuire ses employeurs qui sont aussi de grands voyous et suivre son acolyte Chodaboy, pour faire régner la justice à l'écran, mais aussi dans les rues californiennes.

Ca fait beaucoup pour un simple quidam, mais il fallait bien au moins ça pour satisfaire un Trey Parker (aussi acteur titre) faisant ici ce qu'il aime le plus en mélangeant totalement les degrés de valeur et en mariant ce qui n'aurait jamais dû se croiser. Le film est en tout cas l'occasion de triturer les genre en faisant renaître le comic book live façon Batman dans ses années glorieusement cheap non sans le vulgariser à outrance – Le Robin local se trimbale un godemiché au sommet du crâne – en contournant quelques règles de façon habile. South Park a fait un petit en tout cas, et parvient à joyeusement nourrir le non sens total qui caractérise l'univers du duo fou et qui tourne un certain grotesque à son paroxysme. Fin du fin, il se paye même le luxe de compter de vraies stars du porno dans quelques rôles clés (Ron Jeremy par exemple) pour une mixture générale difficilement oubliable. Pas la meilleure pellicule de la bande à Kenny et ses amis, mais assurément une comédie lourdingue chaudement recommandable…


Inévitable pour les érudits mais également pour ceux qui voudraient se laisser tenter et découvrir un film particulièrement emblématique. Toujours est-il qu'à part Base Ball dont ils n'ont été qu'interprètes, Trey Parker et Matt Stone sont tout de même à la source d'une filmographie particulièrement déjantée sur laquelle nous ne pouvions pas ne pas revenir. Les autres méfaits, parfois inégaux, méritent que l'on s'y penche à nouveau.


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