Des prestations tourmentées
Julianne Moore retrouve en 2000 le réalisateur Paul Thomas Anderson, l'un des premiers à avoir révélé sa nature. Elle fait partie du sublime ensemble intitulé Magnolia, film choral mis en scène avec une maîtrise que l'on n'avait guère vue depuis Short cuts.. Le film est une suite de performances bouleversantes (de Tom Cruise à Philip Seymour Hoffman). Moore y fait de nouveau preuve de son excellence. Cette sensibilité exceptionnelle sert La Fin d'une liaison de Neil Jordan, adapté d'un récit d'adultère écrit par Graham Greene. A côté de ces grandes émotions, Julianne Moore se distingue en relevant avec brio le défi délicat de reprendre le rôle de l'agent Clarice Starling, laissé vaquant par Jodie Foster qui l'a créé. Elle va faire face au cannibal esthète dans Hannibal de Ridley Scott. Dans Evolution, elle fait équipe avec David Duchovny en 2002 dans une chasse aux extra-terrestres totalement loufoque. Todd Haynes la choisit de nouveau pour jouer dans Loin du paradis. Elle y portraiture une irréprochable femme au foyer des années 50 dont le destin est bouleversé par l'homosexualité de son mari (Dennis Quaid, impeccable). Julianne Moore exprime chaque nuance de ses états d'âme avec une extraordinaire maestria. Elle retrouve un rôle assez proche de cela dans The Hours de Stephen Daldry, se faisant de nouveau l'interprète du mal-être d'une femme au foyer traditionnelle. Elle y exprime avec force cette impression terrible d'être prise au piège dans une vie qui ne lui correspond pas.