Par Gilles BOTINEAU - publié le 26 mars 2010 à 04h01
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Né le 27 mars 1964 à Sidi Bel Abbes, en Algérie, Kad Merad se dirige très jeune vers une voie artistique, en participant notamment à différents groupes de rock en tant que chanteur mais aussi batteur. Quelques cours de théâtre plus tard, il est engagé par la radio rock parisienne OUI FM et forme dès lors avec son complice Olivier Baroux un duo d'animateurs hors norme au sein d'une émission intitulée Rock'n'roll Circus. Nous sommes en 1991. Le succès est au rendez-vous et les deux larrons poursuivent leurs délires à la télévision, le tout produit par Jean-Luc Delarue. Mais leur renommée éclate définitivement de 1999 à 2001, lorsqu'ils présentent La Grosse Emission sur la chaîne Comédie!. Sans surprise, le cinéma s'intéresse donc très vite à eux, et particulièrement à Kad. Ainsi, celui-ci fait ses débuts en 2001 dans un film réalisé par Philippe Dajoux, La Grande Vie, aux côtés de Michel Boujenah. Sa carrière est lancée. Dès l'année 2003, il enchaîne les participations, dans La Beuze, Rien que du bonheur (avec Bruno Solo) et Le Pharmacien de garde, réalisé par Jean Veber (fils de Francis). En cette même année, le duo Kad et O. nous livre son premier film, Mais qui a tué Pamela Rose ?, basé sur une série de sketches joués quelques années auparavant, à la radio tout d'abord, puis sur la chaîne Comédie!, où fut créé le feuilleton du même nom. Cette adaptation par le cinéaste Eric Lartigau demeure à la hauteur de leur délire : citons entre autres choses un générique de fin situé en plein milieu du film ou bien encore ce morceau de Beethoven joué avec des cercueils métalliques. Hilarant. Mais le long-métrage va encore beaucoup plus loin en recréant l'ambiance visuelle des séries et autres films policiers américains des années 70-80. Au final, Mais qui a tué Pamela Rose ? cartonne au box-office.

 

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Devenu acteur « bankable », Kad voit donc le nombre de propositions se multiplier. Il accepte par exemple de participer à deux adaptations de bandes dessinées parmi les plus populaires, à savoir Les Dalton, en 2004, puis Iznogoud, l'année suivante. Une succession d'échecs, artistiques, critiques et publics. Entretemps, Kad participe au tournage d'un film en apparence anodin, Les Choristes. Il s'agit d'un premier long-métrage, réalisé par Christophe Barratier. Exceptée la présence de Gérard Jugnot au générique, le casting ne comporte aucune star véritable. Kad trouve alors avec ce film l'occasion d'interpréter un personnage moins délirant qu'à l'accoutumée et nous propose enfin une réelle performance d'acteur dans une oeuvre tristement réaliste. A la surprise générale, le film connaît un véritable triomphe. En 2006, le duo Kad et O. se reforme pour de toutes nouvelles aventures. Avec Un ticket pour l'espace, ils font de nouveau appel au réalisateur et scénariste Eric Lartigau. On retiendra quelques gags totalement délirants, notamment l'ouverture du film où nous découvrons un mouton pilotant un hélicoptère, sans oublier le combat final face à un dindon mutant. Mais tout cela reste bien insuffisant pour atteindre un niveau digne de ce nom ; nous en ressortons donc globalement déçus, voire agacés, face à autant d'énergie et de moyens déployés pour un résultat aussi pauvre. Le public ne s'y trompe pas, et réserve un accueil très sévère au film, avec seulement 400 000 entrées cumulées. Kad et O. commencent à s'essouffler. L'heure pour eux de se séparer et de voler enfin chacun de leurs propres ailes.


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