Par - publié le 16 janvier 2007 à 03h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h23 - 0 commentaire(s)
SYLVIA KRISTEL / ALICE OU LA DERNIERE FUGUE (CLAUDE CHABROL)
Par une nuit noire, une voiture roule sous une pluie torrentielle, dérape et vient percuter un obstacle. Alice, la conductrice, sortie miraculeusement indemne, se met à la recherche d'un abri. La lumière d'une maison isolée l'attire, son propriétaire semble la connaître et l'invite à passer la nuit. Le matin venu, elle se retrouve seule. Déconcertée, Alice veut quitter les lieux, mais la fuite s'avère impossible, tous les chemins empruntés la ramènent à son point de départ... Spécialiste ès-thrillers, Claude Chabrol laissait deux secondes sa verve antibourgeoise pour musarder du côté des fictions branques où l’onirisme et le réel se cherchent joliment des noises. Cette fois-ci, il adapte Alice aux pays des merveilles en donnant le premier rôle à Sylvia – Emmanuelle – Krystel et en alignant les seconds rôles tous aussi extravagants les uns que les autres. Charles Vanel se distingue en vieil homme lubrique et mystérieux. Le film se présente alors comme une succession de saynètes symboliques qui sont toutes pourvues de significations particulières. Ce rébus sibyllin est fascinant tant il se révèle étonnant de richesse et tant on prend du plaisir à déchiffrer toutes ces équations aux solutions improbables.



BOURVIL / LE CERCLE ROUGE (JEAN-PIERRE MELVILLE)
L’une des réussites du Cercle Rouge vient de son casting impressionnant. Outre Delon et Montand, il y a surtout Bourvil dans un rôle tragique (l’un des rares de sa carrière), aux antipodes de ce qu’il avait l’habitude de jouer, de policier qui traque la bête. Melville a insisté pour que Bourvil apparaisse sur l’affiche du film pour souligner la performance. Les spectateurs l’auront automatiquement fait.

SIMONE SIGNORET / LA VIE DEVANT SOI (MOSHE MIZRAHI)
La Vie devant soi est un film français réalisé par Moshé Mizrahi adapté du roman La Vie devant soi écrit par Romain Gary sous le pseudonyme d'Émile Ajar. Dans le rôle de Madame Rosa, ancienne prostituée et vieille habitante de Belleville, et de ses protégés, des enfants, dans un milieu difficile où se côtoient arabes, noirs et juifs, Signoret se met en danger et livre l’une des prestations les plus courageuses de sa carrière.



LAURENT LUCAS / QUI A TUE BAMBI ? (GILLES MARCHAND)
Autant dans Harry, un ami qui vous veut du bien (Dominik Moll), Laurent Lucas est vulnérable et menacé ; dans Qui a tué Bambi ?, il est effrayant et menaçant. Le titre (Qui a tué Bambi ?) est une oxymore séduisante qui annonce la couleur paradoxalement sanglante de l’histoire : d’un côté, il évoque la pureté et l’innocence d’un classique de Disney ; de l’autre, le machiavélisme, les sous-entendus obscurs et la perversité d’un Hitchcock. Soulignons que la dark side du comédien a également été exploité dans Tirésia (Bertrand Bonnelo), mais pas dans Calvaire (Fabrice du Welz). Un acteur qu’il est trop rare…
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