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Unborn : L'enigme David S. Goyer [page 1]

Par Florent Kretz - publié le 15 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 15 octobre 2009 à 19h40 - 0 commentaire(s)
Mercredi déboule dans les salles le fameux Unborn, nouvelle réalisation de David S. Goyer, tout aussi célèbre pour ses trouvailles scénaristiques que pour ses maladresses de mise en scène. Et là où dans Unborn, il s’abstient de coller de longues tirades scatophiles et tente de soumettre une forme plus classique, il parvient tout de même à livrer un nanar bidonnant et sympathique, quand bien même le sujet était tout ce qu’il y a de plus sérieux. Ainsi, cette affaire de possession démoniaque prend les allures d’un parcours de montagnes russes dont chaque coup de pression serait une nouvelle perche vers un délire profondément truculent. Ce qui frappe soudain, lorsque l’on connaît un peu le parcours de Goyer, c’est cette incapacité flagrante à mettre en images ses idées tandis que ses scénarios originaux sont généralement enrichis par la réalisation d’une tierce personne… Comment se fait-il alors qu’il soit résolument incapable de tenir un projet jusqu’au bout en terme de mise en scène alors qu’il livre généralement des trames plutôt bien ficelées. Quoi que… Lorsque l’on jette un coup d’œil un peu plus précisément sur sa filmographie, on constate assez rapidement que tout n’est pas aussi honorable que ce que l’on pourrait penser ! Alors, qu’est-ce qui fait que David S. Goyer est toujours aussi présent dans l’industrie hollywoodienne ?



David S. Goyer possède un parcours pour le peu atypique. Comment un petit gars du Michigan passionné de comics parvient-il à se retrouver à la tête de projets auxquels on confie plusieurs dizaines de millions de dollars ? D’autant plus lorsqu’il débute avec des métrages aussi « réputés » que Coups pour coups de Deran Sarafian ou une production du célébrissime bisseux Charles Band (Demonic Toys)… Et bien, c’est très simple : lorsque l’on se prête au jeu du film de baston avec Van Damme par exemple, dans lequel le karatéka belge infiltre une prison et connaît quelques musclées embrouilles avec la racaille locale, on constate que Goyer sait très clairement raconter une histoire. Ou s’il ne raconte rien de très passionnant (ce Death Warrant n’est sans doute pas le Van Damme le plus passionnant), il possède assurément une richesse imaginative qu’il met au service d’un univers. Ainsi, la prison devient un microcosme libre et dans lequel la population semble répartie sous forme de castes. On ne sera pas étonnés de trouver les harems de transsexuels, par exemple, installés dans les soubassements de la forteresse, car représentant les instincts refoulés de ces prisonniers mâles enfermés entre eux… Un sujet délicat et qui pourrait prêter à confusion si Goyer ne prenait pas soin de décrire cette faune avec respect et non pas à la va-vite ou comme un rebondissement scénaristique quelconque.



D’ailleurs, lorsqu’il accepte de rédiger le scénario de Demonic Toys en 1992 (et ce juste après avoir bouclé celui de Kickboxer 2), c’est en négociant la réalisation d’un futur métrage. S’il se fera gentiment avoir par la Full Moon, il imaginera tout de même toute l’intrigue de ces jouets maudits et ce avec comme seul mot d’ordre une affiche de pré-vente et une volonté du producteur de voguer sur le succès des aventures de Chucky dans le Jeu d'enfant de Tom Holland.


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