Attendu par les fans et avec une sortie avancée de près d’un mois,
Vendredi 13 s’offre dès mercredi prochain une nouvelle jeunesse ! Mis en images par le bourrin Marcus Nispel, les nouvelles aventures du gros débile de Crystal Lake s’annoncent particulièrement musclées et risquent bien d’offrir au très cher Jason un sursaut de popularité inespéré. Une aura auprès du public qui n’aura pas été usurpée, le boogeyman grimé de son masque de hockey ayant la fâcheuse tendance de traumatiser ou d’amuser -c’est selon !- les hordes adolescentes, toutes générations confondues, et soucieuses de s’offrir un vrai divertissement pop-corn. D’ailleurs, c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on se penche un peu plus sérieusement sur l’incroyable franchise. Tout d’abord pensé comme une œuvre concurrente et opportuniste avant de se faire une machine commerciale culottée, la saga sera devenue un rendez-vous incontournable des geeks du monde entier. Volant généralement assez bas, frôlant la série Z, possédant quelques élans visionnaires inattendus, la série sera tout de même parvenue à se confectionner, épisode après épisode, un capital sympathie impressionnant. Avec pas mois de dix volets plus un feature picture, le Voorhees en aura vu des vertes et des pas mures. Aujourd’hui nous nous pencherons sur les deux métrages clôturant la trame dite traditionnelle en évoquant les genèses plus ou moins compliquées de
L’ultime retour et de
Jason va en enfer.
Jason à New York !Ceux qui auront suivi la mythique franchise ou ceux qui l’auraient découverte à la lecture des quatre précédents dossiers le savent : une grande partie des droits lui appartenant et chaque épisode étant systématiquement largement bénéficiaire, la Paramount n’a aucun scrupule à tirer sur la ficelle ! Après avoir fait faire remakes officieux et relectures officielles, suite à quelques tentatives énervées ou sincères et soignées, l’anthologie
Vendredi 13 aura petit à petit perdu de sa crédibilité… Mais les scores du précédent volet et la popularité surprenante d’une variation télévisée rassurent les studios, une nouvelle aventure doit être mise en chantier ! Navire prenant l’eau et de plus en plus déserté, concept à la réputation honteuse et conspué dans le milieu, totalement désavoué par la Paramount qui proclame haut et fort la capacité d’une « mauvaise franchise à financer des œuvres plus pertinentes », il ne reste pus grand monde des débuts. Seul peut-être le jeune producteur Frank Mancuso Jr, ne parvenant pas à se faire reconnaître en dehors de quelques bandes horrifiques, traîne toujours ses basques dans la boue de Crystal Lake ! Lui et le cascadeur Kane Hodder, dernier interprète en date du titan mongoloïde, qui réclame de faire partie de la prochaine aventure quelle qu’elle soit. Ainsi, Mancuso Jr, encore une fois, cède aux sirènes hollywoodiennes et accepte de lancer un nouvel opus. Il faut dire qu’en plus, on assiste à un véritable phénomène : si les salles ne sont plus aussi remplies qu’aux premières heures, les locations et les ventes de VHS sont réellement plébiscitées. Certain qu’il faut continuer à emmener la série vers une nouvelle voix, Mancuso Jr embauche Rob Hedden, un jeune inconnu, pour mettre en place une nouvelle intrigue.

Rob Hedden, à l’époque, est l’une des ces figures anonymes de Hollywood. Scénariste bas de gamme, il commence à se faire un nom en rédigeant quelques segments de la série MacGyver. Cantonné à la télévision, on lui réclame un scénario pour un épisode de la série télévisée
Vendredi 13 qui devra se nommer « Thirteen O’Clock ». Tentant le tout pour le tout, il accepte mais en réclame la réalisation. S’étant vu envoyé paître par la productrice exécutive Barbara Sachs, elle finit par le rappeler et accepte la proposition. Quelques épisodes écrits et réalisés plus tard, Mancuso Jr l’appelle pour mettre ne boîte ce huitième chapitre de la ballade sanglante. Jason étant absent des programmes télévisés et ne connaissant absolument pas les longs-métrages si ce n’est de réputation, Hedden se coltine la vision des sept volets et, même s’il trouve l’ensemble très moyen, accepte. Il ne peut se résoudre à refuser la direction d’un premier long-métrage ! Avec comme unique mot d’ordre « tout et n’importe quoi » et une carte soi-disant blanche, il décide de délocaliser l’action et de sortir le zombie masqué de son lac. En parlant avec Mancuso Jr, il tombe d’accord sur le fait de l’emmener dans un endroit illicite : il s’agira de la Grosse pomme ! Les idées fusent et aussitôt ils imaginent un combat de boxe au Madison Square Garden interrompu par le monstre, une statue de la liberté anéantie, une pièce de théâtre annulée suite à un massacre à Broadway… Mais la réalité les rattrape très vite. Avec un budget de 3,5 millions de dollars, le tournage ne s’établira qu’une petite semaine à New York, le reste se faisant à Vancouver. Les devis se dévoilant terrifiants, il est impossible d’imaginer que Jason
really takes Manhattan car comme le dira si bien le producteur « la franchise est toujours parvenue à faire de gros bénéfices grâce au contrôle stricte des dépenses ».