Par Florent Kretz - publié le 03 février 2009 à 03h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h52 - 0 commentaire(s)
Troisième chapitre de notre série de dossiers consacrée aux coulisses de la série culte Vendredi 13, franchise interminable à la frontière du nanar et de la série B et mettant en scène le gros débile au masque de hockey, Jason Voorhees. Encore une fois, nous irons patauger dans les eaux boueuses du Crystal Lake, dernier endroit paisible sur Terre et tenu d’une main de maître par le géant bourrin. Dernièrement nous nous étions penchés sur l’envers du décor des épisodes 2 et 3, respectivement hymne à la salopette bûcheronne et tentative kitsch mais amusante dans le domaine de la 3D. Aujourd’hui, nous bouclerons la passionnante histoire à rebondissements de Jason (meurtre, meurtre, meurtre, meurtre, meurtre…) pour mieux la faire redémarrer ! C’est ce qu’ont entrepris Le Chapitre final et Un nouveau départ, deux segments ayant la particularité amusante de connaître quelques histoires de tournage, un goonie amateur de gore et le retour d’une pointure dans le seul but d’arrêter les âneries. C’est ce que nous découvrirons aujourd’hui dans ce dossier rétrospectif monté à l’occasion de la sortie la semaine prochaine du remake Vendredi 13 par le nerveux Marcus Nispel !



Un dernier pour la route…

Depuis le premier volet pondu par le génial commercial Sean S. Cunningham, c’est la même routine : que le film soit bon, qu’il soit bâclé ou qu’il soit vendu sur l’unique existence d’un titre bidon, les chapitres de la franchise Vendredi 13 font un carton ! Mais une étrange malédiction semble prendre possession de la petite entreprise. Trois chapitres, trois places honorables au box-office, des millions encaissés, une quarantaine de macchabés et des centaines de pages de critiques désastreuses plus loin, les principales figures de la série semblent toutes vouloir abandonner leurs petits délires dans les bois pour se consacrer à des choses plus sérieuses. Cunningham ayant laissé tomber le bestiau depuis quelques lunes déjà, Savini s’étant empressé de fuir la stupidité des scripts, c’est au tour du sympathique Steve Miner de se retirer des plateaux. Celui-ci, rappelez-vous, déjà lorsqu’il clôturait l’épisode du Tueur du vendredi, avait longuement hésité avant d’accepter de s’occuper de Meurtres en trois dimensions et ce pour l’unique raison qu’il pourrait s’amuser avec la technique mentionnée plus tôt… Miner désertant et se prenant une petite retraite qu’il écourtera en 1986 pour mettre en scène l’excellent House, il ne reste plus que les producteurs Mancuso, père et fils, de l’entreprise et les droits sur le célèbre thème composé par Harry Manfredini qui véhiculent encore l’esprit du Vendredi 13 qui plaît tant aux jeunes Américains. D’ailleurs, ces derniers réclament un nouveau volet de la ballade sanglante du gros débile qui a, depuis peu, enfin un attribut reconnaissable : le masque de hockey n’a jamais été autant à la mode et on tarde de pouvoir retrouver l’homme à la machette dans l’une de ses missions expéditives. Tu couches, tu meurs ! Tu fumes, tu meurs ! Tu bois, tu meurs ! La liste est longue et une véritable charte ultra puritaine est même établie. Pas uniquement au travers des épisodes prenant place à Crystal Lake ou à Haddonfield (le concurrent Halloween) mais bel et bien dans tous les métrages bas de gamme qui pullulent sur le marché… Mieux que ça, ce genre nouveau, nommé depuis peu Slasher et pourtant descendu par la critique et les ligues judéo-chrétiennes, se voit même dériver dans les longs-métrages populaires et plus honorables.



Ainsi au début des années 80, tout le monde reprend plus ou moins quelques éléments de ce genre qui est si plébiscité par le public. Que ce soit Lauren Bacall dans The Fan en 1981 (Fanatique en France), Eastwood dans La corde raide en 1984 ou autres, beaucoup tentent de profiter du filon… Alors Frank Mancuso Sr et son fils en arrivent à une conclusion : il faut offrir au personnage de Jason un nouveau chapitre, la Paramount et les investisseurs de Boston étant toujours aussi pressants. Seul souci, les deux hommes en ont eux aussi ras-le-bol de la franchise, certes lucrative, mais avant tout fondée sur un seul et unique concept : faire et refaire le même film à longueur de temps, celui-ci se devant de narrer la triste fin de jeunes cons partis camper ! Mancuso fils propose alors que cet épisode soit le dernier : Jason devra mourir et ce sera justement tout l’intérêt de l’entreprise. Très tôt est donc annoncée la sortie d’un métrage nommé Le chapitre final mais, comme à l’accoutumée, rien ni personne n’est encore associé à la chose ! On s’apprête tout de même à le proposer à Miner mais les propos de celui-ci dans les magazines spécialisés laissent pantois : Le tueur du Vendredi et Meurtres en trois dimensions n’auraient été pour lui qu’un tremplin et il espère bien détacher son nom au plus vite de la série dont il considère les ressorts dramatiques comme des essais vains et pathétiques… Les choses semblent claires, le film est attendu et il faut trouver quelqu’un qui puisse rétablir la notoriété d’une franchise que beaucoup désignent comme « un navire sans capitaine ».


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