Par Florent Kretz - publié le 11 février 2009 à 09h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 22h09 - 0 commentaire(s)
Ça y est ! Nous arrivons enfin au terme de notre série de dossiers consacrée à la célèbre franchise Vendredi 13, aujourd’hui même où sort sur les écrans français un nouveau volet réalisé, cette fois, par Marcus Nispel. Un épisode qui semble se montrer beaucoup plus fidèle à l’univers violent développé par Cunningham et Miner dans les trois premiers chapitres distribués au début des années 80. Car comme vous avez pu vous en rendre compte en dévorant les métrages ou en découvrant leurs genèses dans nos dossiers, la série, bien que généralement bénéficiaire au box-office, sera passée par différents tons, du film d’horreur froid au spectacle pop-corn, de l’hommage gothique à la série Z affligeante… Mais si le désir de Nispel de revenir à une essence angoissante et crue est propre aux bases de la mythologie de Crystal Lake, sa volonté d’offrir à Jason Voorhees une popularité honorable n’est pas nouvelle. Problématique principale de la franchise, la figure de Jason ne sera que très rarement parvenue à se dégager de l’image de gros débile zombiesque ou de bourrin stupide… Nous vous proposons pour clôturer ces dossiers de revenir sur les deux dernières apparitions de Voorhees sous deux formes bien distinctes (le héros intersidéral et la victime vengeresse) au travers de deux visions passionnantes. Tout d’abord, celle du jeune James Isaac, fan hardcore et cinéaste talentueux, et responsable dernièrement du très recommandable et sous-estimé Skinwalkers. Ensuite, nous découvrirons celle de Ronny Yu, « yes man » talentueux à qui l’on confiera le très attendu battle entre Jason et le vilain Freddy Krueger.



De belles espérances !

Finalement après maintes et maintes tentatives, ils y seront parvenus : Jason est bien mort ! Freddy aussi, d’ailleurs, lui qui était le concurrent direct et éternel… Il se sera vu fermer le clapet par son créateur lui-même, Wes Craven, soucieux de boucler la boucle et éviter les débordements qui se seront étendus sur pas moins de trois épisodes. Aussi, si depuis Freddy sort de la nuit personne ne réclame le retour du personnage interprété par Robert Englund, on commence à évoquer un potentiel retour du boogeyman de Crystal Lake. En effet, Jason va en enfer aura permis, grâce à une très bonne distribution en vidéoclub et sur le commerce, de se faire connaître. Le côté délirant et ultra référentiel du film de Adam Marcus a su charmer les amateurs. En plus, les amoureux du croquemitaine de Elm Street fantasment sur le dernier plan du film, celui-ci décrivant le gant culte embarquer le non moins célèbre masque de hockey en enfer ! Du coup, Sean Cunningham prend ses parts de la franchise et ouvre, avec son fils Noel, une maison de production nommée Crystal Lake Entertainment. Le but de la société est de préparer concrètement le face à face tant rêvé… S’engouffrant dans ce qui se révélera une Production Hell, Cunningham finit par perdre patience au bout de quelques années. Nous sommes dans la seconde moitié des années 90 et les scénaristes ne cessent de défiler. A l’aube de l’an 2000, l’homme qui avait produit La dernière maison sur la gauche décide qu’il est temps de raviver la flamme du Voorhees avant que plus personne ne souhaite en reparler… Il appelle Dean Loney, scénariste de Jason va en enfer, pour boucler un nouveau script, mais celui-ci a d’autres idées en tête et préfère confier l’écriture au jeune Todd Farmer. Mauvaise stratégie pour Loney qui souhaitait réaliser le métrage car déboule dans le bureau un jeune réalisateur nommé James Isaac.



Spécialiste dans le domaine des effets spéciaux et faisant partie de la clique Miner/Cunningham pour avoir réalisé House 3, il rêve de mettre en route un nouveau Vendredi 13. Il se met en relation avec le scénariste et les deux délirent sur une aventure de Jason dans l’espace ! Quand il le propose à Cunningham, celui-ci est enchanté mais s’inquiète : la série des Hellraiser et celle des Leprechaun ont déjà tenté la variante science fictionnelle et il craint de tomber dans le nanar. Il prend tout de même un rendez-vous auprès du responsable des productions de la New Line, Michael De Luca. Lorsque la petite clique présente leur projet d’envoyer Jason dans l’espace, le financier éclate de rire et demande comment leur est venue l’idée : ils voulaient mettre en scène un épisode qui prendrait place à Crystal Lake sous la neige et ils se sont dit que l’hiver n’était pas assez exotique ! A deux doigts de se faire virer, ils finissent par dévoiler leur jeu. Jim Isaac s’était fait faire des mate paintings, toute une charte visuelle et des concepts de maquillages par le maquilleur Stephan Dupuis, oscarisé pour son travail sur La mouche de Cronenberg. D’ailleurs, Dupuis a contacté le réalisateur de Faux semblants et lui a proposé de s’associer au projet. Cronenberg a accepté, il fera l’acteur comme il l’avait fait pour le second film de son ami Clive Barker, Cabal. Avec le feu vert de la New Line, la production peut commencer.


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