Par Geoffrey CRETE - 16 février 2010 - 0 commentaire(s)
Vengeance viscérale : La dernière maison sur la gauche

 

Nouvelle version de La Source de Bergman, le premier film de Wes Craven s'intéresse également à un père de famille qui, confronté aux agresseurs de sa jeune fille, va se métamorphoser en monstre de violence. Le motif de l'animalité enfouie sous le vernis social et de la cellule familiale est omniprésent dans le cinéma de Wes Craven, et La dernière maison sur la gauche restera un de ses films les plus malsains.

 

 

 

Vengeance totale : Crime à froid

Violée alors qu'elle était enfant, forcée à se prostituer par un homme qui provoquera le suicide de ses parents avant de la droguer et lui crever un œil, une jeune fille se lance dans une vengeance amplement méritée. Célébré par Tarantino dans son Kill Bill - il n'y à qu'à voir le look d'Elle Driver - cet obscure film réalisé par un assistant de Bergman mélange porno et gore en n'épargnant peu de choses au spectateur. Ca reste du cinéma bis, mais ça laisse des traces.

 

 

 

Vengeance nécessaire : Un justicier dans la ville

Parce que sa femme et sa fille ont été agressées et tuées, un homme banal se transforme brutalement en justicier urbain, résolu à prendre le relais d'une société qui a perdu son propre contrôle. La violence peut-elle arrêter la violence ? La question est aussi glissante que fascinante. Gros succès dans les salles, le film qui marqua la carrière de Charles Bronson reste tristement ancré dans la réalité actuelle.

 

 

 

 

Vengeance amoureuse : La mariée était en noir

Le Kill Bill de Tarantino entretient de nombreux liens avec le film de Truffaut - chose que le cinéaste américain nie, n'ayant apparemment jamais vu le film. Cinq personnes à tuer, un mariage détruit par une agression et une mariée vengeresse. Brisée par la balle qui a tué son amour, Jeanne Moreau décide de s'immiscer dans la vie des cinq responsables pour les détruire intimement. Retenue dans sa tentative de suicide, Julie erre dans le monde réel, entre la vie et la mort, résolue à achever la seule chose qui la retient. Froid, clinique, distant et implacable, La mariée était en noir est un film glaçant.

 

 

 

Vengeance sanglante : Carrie au bal du diable

Une adolescente étouffée par une mère dérangée et moquée par ses camarades de classe, la douce et presque innocente Carrie se voit peu à peu douée du pouvoir de télékinésie. Vériatble martyr de son entourage, la jeune fille atteindra ses limites lors du bal de fin d'année, épreuve ultime d'humiliation publique qui ne restera pas impunie. Victime par excellence dans un monde qui grignote petit à petit sa pureté, Carrie n'aura d'autre choix que de brutalement se métamorphoser en reine sanguinolente assoiffée de violence. Dans un final à la limite du burlesque et de l'horreur, Brian de Palma orchestre un bain de sang et de feu qui n'aura même plus le temps d'épargner les moins coupables.

 

 

 

Vengeance vitale : Les nerfs à vif

Convaincu que son avocat aurait pu lui éviter une accusation pour viol, un homme décide de tourner la totalité de son esprit et son corps dans le but de se venger. Dans le rôle de Max Cady, Robert De Niro est d'une violence hallucinante. Les muscles secs et le regard froid, il persécute une famille unie jusqu'à la destruction absolue. La vengeance ne se résume par à la mort de l'autre mais à l'implosion totale de son existence. Son chien, sa maîtresse, sa femme de ménage, sa fille, sa femme, rien n'est épargné par la colère de Cady. Dans la dernière partie, le film vire à l'apocalypse tandis que les personnages, pris au piège dans leur propre refuge, luttent contre un ennemi qui a depuis longtemps perdu toute trace d'humanité.

 

 

 

Vengeance masculine : En compagnie des hommes

"Pour les hommes, c'est une fiction ; pour les femmes, c'est un documentaire." Lorsqu'il présentait son film à Cannes, Neil Labute n'épargnait pas la cruauté de celui-ci, vendu communément comme une comédie vaudevillesque à cause d'un synopsis forcément réducteur. Deux hommes déçus par leurs relations amoureuses décident de se venger en manipulant une jolie secrétaire, douce et sourdre. Sans pitié ni concessions, le réalisateur de Fausses apparences et Nurse Betty sonde les tréfonds de l'âme humaine avec le portrait d'un homme froid et vide.

 

 

 

Vengeance à rebours : Memento

L'idée est d'une simplicité nette - Leonard Shelby ne vit que pour retrouver celui qui a violé et tué sa femme - mais toute la force vient du point de vue de Christopher Nolan. Pour son deuxième film, le futur réalisateur de The Dark Knight réalisait un tour de force scénaristique. Son personnage étant atteint d'une forme particulièrement étrange d'amnésie qui bloque sa mémoire immédiate et le force à noter et photographier son quotidien pour ne pas en perdre le fil, Memento est totalement déconstruit, alternant un noir et blanc chronologique et une couleur à rebours. Du coup, l'histoire prend une toute autre valeur. Comment ne pas se perdre dans sa quête de justice si sa perception du monde est faussée ? De la même manière que le personnage est aveuglé par sa soif de vengeance et les faux-semblants, la complexité narrative brouille constamment les pistes.

 

 

 

 

 

 

 


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