Videodrome : Les Nains... - J'irai Comme Un Cheval Fou - The Baby Of Macon [page 3]
Par Romain Le Vern - publié le 21 octobre 2009 à 00h00 , MAJ le 21 octobre 2009 à 16h16 - 0 commentaire(s)
THE BABY OF MACON, de Peter Greenaway
Bienvenue en 1659. Le prince Cosimo de Medicis assiste à une pièce "Le Bébé de Macon", dont l'action se situe au Moyen-âge. A cette époque de famine et de stérilité, une vieille femme laide accouche d'un magnifique bébé qui paraît miraculeux. Ne voyant que son profit, la grande sœur de l'enfant se proclame vierge et mère de l'enfant. Ce qui lui rapporte toute sorte d'avantages. Mais pour avoir voulu séduire le fils de l'évêque, qui mourra écrasé par un bœuf, la jeune fille perd la garde de l'enfant, confié à l'Eglise qui l'exploite à son tour. Pour se venger, sa sœur étouffe l'enfant. Jugée, elle ne peut être condamnée à mort car elle est toujours vierge. The Baby of Macon est une fable provocatrice sur la religion qui revisite l’Histoire anglaise.
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Orlando (Sally Potter)
The Pillow Book (Peter Greenaway)
Amarcord (Federico Fellini)
Depuis The Falls, les films de Peter Greenaway ressemblent à des parchemins sybillins parcourus par l'obsession des chiffres : certains durent quatre minutes, d’autres quatre heures ; Drowning by numbers s’ouvre sur le nombre 100 pour remonter jusqu’au chiffre 1. C’est aussi une manière mathématique et ironique de manipuler le temps. The Baby of Macon s’inscrit comme l’une de ses pièces maîtresses. Certains résument son travail à une succession de tableaux et ce n’est pas faux : Greenaway ne filme pas, il peint avec la complicité de son chef-opérateur Sacha Vierny. Le risque, c’est le contenu, suffisamment elliptique et énigmatique pour que le spectateur prenne une tautologie pour un discours subversif. Parfois, le fond et la forme fonctionnent de manière cohérente comme dans The Pillow Book, l'un de ses meilleurs films, où le sujet (la calligraphie corporelle) autorise une variété infinie de trouvailles visuelles. Etrangement, il règne dans The Baby of Macon une atmosphère proche du fantastique (on pense à Jodorowsky) et de la fantasmagorie érotico-bouffonne (on s’évoque Fellini). Les deux acteurs principaux (Julia Ormond et Ralph Fiennes) se sont visiblement entendus dans une relation intense. La conclusion rassure le spectateur sur ce qu’il vient de voir : tout n’est qu’une représentation théâtrale et donc tout tient de la mystification. Certains passages sont difficiles à regarder en raison de leur brutalité. The Baby of Macon contient d’ailleurs l’une des plus grandes audaces de Greenaway : une vengeance qui se traduit par un viol horrible, très impressionnant puisque mis en valeur avec des artifices aussi douteux que virtuoses. Ceux qui ne sont pas convaincus par cette représentation picturale et théâtrale de la barbarie doivent voir ça pour le croire.