Beau ténébreux au regard gorgé de bravoure, les jeunes filles en fleur remettraient sans difficulté leur destin entre les mains de Viggo Mortensen, confondant inconsciemment l'acteur avec certains de ses personnages, en particulier Aragorn, celui qui le propulsa définitivement tout en haut du gotta hollywoodien. Mais Viggo n'est pas que cette figure emblématique de la trilogie de l'anneau, il est avant tout un brillant acteur n'hésitant pas à varier les plaisirs, comme le démontre une filmographie fort intéressante. Petite sélection pour un petit classe/pas classe, histoire de se remémorer quelques faits d'armes de l'acteur...
L'ENFANT MIROIR SUPER CLASSE
Le cinéaste anglais Philip Ridley (un fou, adepte de la peinture, de l’onirisme filmique et un artiste hélas plutôt sous-estimé) fut le premier à comprendre QUI était Viggo Mortensen à l’écran. Jusque là, le comédien traînait sa carcasse de beau gosse sur des productions très embarrassantes (de
Prison à
Young Guns II… quand on pense qu’il y en a qui regrettent les années 80 !). Dans
L'Enfant Miroir, une fable cruelle héritée de Charles Laughton, à mi-chemin entre le fantastique macabre et la poésie enfantine, Viggo interprète Cameron Dove, un soldat de la Seconde Guerre mondiale, revenu traumatisé du conflit japonais. Dans ses bagages, des photos d’enfants carbonisés par la bombe atomique, et dont la peau est devenue aussi réfléchissante qu’un miroir. Une peau qui renvoie aux soldats américains leur propre image (le titre original du film étant
The Reflecting Skin).
Pour la première fois, Viggo peut donner la mesure de son personnage, une sorte de vagabond perdu dans les limbes d’un trauma passé, d’un homme qui a vu ce qu’il ne devait pas voir, parfaitement silencieux mais le regard chargé de cris. Et pour les douze spectateurs de l’époque, la rencontre fut décisive. Sans le savoir, nous étions déjà en train de contempler l’homme à bout de course d’
Indian Runner, le paraplégique de
L’Impasse, le Grand-pas vagabond et hanté par sa lignée du
Seigneur des anneaux ou même le mafieux impassible du dernier Cronenberg. Donc n’hésitez pas à harceler votre vidéo-club pour qu’il mette la main sur une copie de
L’Enfant Miroir. En plus de la révélation Viggo, vous y découvrirez un vrai bon film…