Par La Rédaction - publié le 30 août 2008 à 15h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h45 - 0 commentaire(s)
LA TRILOGIE DU SEIGNEUR DES ANNEAUX TRES CLASSE
Au début des années 2000, Peter Jackson allait réaliser son fantasme ultime de cinéaste: réaliser une trilogie adaptée du chef d'œuvre Le Seigneur des anneaux de J.R.R Tolkien. D'abord rejeté par tous les studios hollywoodiens (avec le discernement qu'on leur connaît), refroidis par l'énormité mégalomaniaque du projet, il trouve enfin des gens assez fous pour le suivre chez New Line. Lui qui avait dû en rabattre et se résoudre à ne faire qu'un film, voilà qu'il avait le droit, le bougre, d'en tourner trois, mais en même temps. Un projet totalement fou se dessinait alors, on se disait pourtant avec une incrédulité fébrile que cette fois, ça allait enfin pouvoir se faire. Il lui fallait son Aragorn, figure emblématique du roman. Ce fut finalement Viggo Mortensen approché au dernier moment alors qu'un autre acteur était envisagé. Viggo fut convaincu par son fils d'accepter le rôle, lui-même n'étant à ce moment de l'histoire que très peu familiarisé aux us et coutumes de la terre du milieu. C'est pourtant avec une implication impressionnante qu'il préparera son rôle, allant jusqu'à se balader dans la rue ou au restaurant avec son épée pour ressentir le personnage. Il l'incarne très physiquement, réalisant lui même ses combats et ses cascades, faisant d'ailleurs dire à son réalisateur qu'il a une présence héroïque à la Douglas Fairbanks. Il ne ménage pas ses efforts, se fera quelques blessures de guerres pendant le tournage pour demeurer au plus près de son personnage, combattant magnifique s'il en est. Il fait partie de ces rares gens assez biens pour que ça se sache, s'entendant avec chaque membre de l'équipe, toujours disponible, toujours chaleureux et tenant par exemple une sorte de journal photographique de tournage qui finira d'ailleurs publié tant le regard du comédien est généreux et particulier. Bref, quand une star est unanimement appréciée du réalisateur, des techniciens, qu'il n'hésite pas même parfois à mettre la main à la pâte, on se dit qu'on n'est pas devant l'un de ces enfants gâtés et capricieux mais en face d'un mec bien, comme on ne cesse de le voir dans ces merveilleux making-of qui font la noblesse des belles versions longues de la trilogie en DVD.



Mais il y a davantage qu'une performance physique pour le rôle d'Aragorn, fils d'Arathorn, une dimension spirituelle, le dernier rejeton d'une lignée de rois brisée et marquée par l'emprise de l'anneau à laquelle son ancêtre Isildur était soumis. Et Aragorn fuit son ascendance, l'a quasiment reniée, trouvant refuge auprès des elfes et dans l'amour de la belle Arwen (Liv Tyler). La trilogie est l'histoire de son identité qui se réaffirme, de ce sang royal qu'il doit assumer d'abord par nécessité, pour sauver le monde de la menace de Sauron, Car Aragorn est tourmenté, rejette ce pouvoir légitime qui est le sien, l'abandonne. Les trois moments de l'histoire nous racontent aussi (et peut-être d'abord) l'histoire de sa reconquête, un homme qui abandonne sa cachette, sa fausse identité de Grands-pas le rôdeur et finit par embrasser son destin, pour que grâce à lui, il y ait un Retour du roi. Mais il est pétri de doutes, dans la crainte permanente de la malédiction qui pèse sur ceux de son sang, dans la crainte de perdre ses amis, son amour. C'est un homme qui croit tout perdre en permanence et qui se souvient de celui qu'il doit être à contrecoeur, sous la menace universelle. Il est acculé à devenir roi quand tout ce qu'il aime est dans une situation désespérée, quand il croit avoir tout perdu. Ce qui est toute l'ambiguïté de ce personnage qui trouve dans le visage de Mortensen toute la noblesse et les tourments qu'il exigeait, celui de quelqu'un qui a déjà un peu vécu et qui dégage une certaine profondeur, une certaine expérience. On ne parvient plus à l'imaginer sous une autre apparence.



Dossier rédigé par Flavien Poncet, Rafik Djoumi, Damien Duvot, PitouWH, Nicolas Houguet et Nicolas Lemâle.
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