Par Nicolas Houguet - publié le 12 mars 2008 à 13h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h33 - 0 commentaire(s)
Le genre a moins de panache en France. On l'utilise parfois pour réaliser des films de prestige, assez convenus comme Hors de prix avec Audrey Tautou et Gad Elmaleh. Il s'agit d'une sorte de Pretty woman détourné où un serveur dans un grand hôtel se ruine pour gagner le coeur d'une jeune femme vénale, qui se fait entretenir par des hommes fortunés en échange de ses charmes et de sa compagnie. Le cinéma Français n'a pas toujours été très inspiré dans ce registre, notamment avec Décalage horaire de Danielle Thompson, sympathique mais sans originalité.


Cependant, avec Yvan Attal, un véritable auteur était révélé lorsqu'il passa à la réalisation. Ma femme est une actrice était une oeuvre pétillante, énergique. Elle était surtout profondément personnelle (les personnages s'appellent d'ailleurs Yvan et Charlotte).L'histoire est simple: un journaliste sportif supporte très mal de voir sa femme aimer d'autres hommes à l'écran. Avec ce film, il révèle Charlotte Gainsbourg sous un nouveau jour, lassé qu'il était de la voir jouer les Cosette, ainsi qu'il l'a dit. Tout ça est d'une belle allégresse et Charlotte rayonne de naturel. Les personnages ne sont pas des types imposés et respirent l'authenticité. On comprend la frustration de vivre avec quelqu'un qui attire la lumière. On a un aperçu de l'étrange milieu du cinéma. Il y livre surtout quelques belles réflexions: sur la confiance toujours délicate à gagner et à mériter, sur l'amour toujours fragile, sur les tentations. Attal ne livre pas avec ce film une oeuvre attendue et pleine des clichés habituels. Il continue de s'interroger sur le couple dans Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, sa seconde réalisation. Charlotte Gainsbourg apparaît de nouveau charmante et fantaisiste dans Prête moi ta main où elle est la fausse fiancée d'Alain Chabat, célibataire endurci.


Que cherche t'on au cinéma sinon l'irruption de l'extraordinaire? Se surprendre à avoir envie de croire au grand amour, au moins le temps d'un film... Voir des gens frappés par des coups de foudre et se sentir le coeur léger... ces quelques facettes de la comédie romantique -de Lubitsch à Woody Allen, d'Audrey Hepburn à Charlotte Gainsbourg- représentent ces multitudes de parenthèses enchantées que seul le septième art permet de vivre, comme des petits moments de répit où l'innocence est encore possible.
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