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Wackness : Interview Jonathan Levine [page 1]

Par - publié le 15 septembre 2008 à 06h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h22 - 0 commentaire(s)
Jonathan Levine, ancien assistant de Paul Schrader, court-métragiste de renom (Love Bites, dans lequel il sillonnait les routes pour retrouver des femmes rencontrées sur Internet) et responsable d’un film de fin d’études sur un Dj de Hip-Hop en pleine cure de désintoxication (Shards), s’est imposé aux commandes d'un projet classique de slasher pour le rendre personnel (Tous les garçons aiment Mandy Lane, hélas inédit en salles). Le passage au long lui permettait de pervertir le scénario signé Jacob Forman en ajoutant une dimension romantique proche du spleen. Wackness, son nouveau long métrage, utilise la même veine mélancolique pour raconter l'amour de vacances d'un post-adolescent en crise. L'un des événements ciné de cette rentrée.



Quelle est la part autobiographique du film ?
Je ne peux pas dire que je n’étais pas comme le personnage principal. Ne serait-ce que dans son rapport au monde et à la musique. Comme lui, j’ai passé mon adolescence à écouter du hip-hop. En revanche, tout ce qui relève de la dramaturgie, je l’ai plus ou moins inventé. Je n’ai jamais consulté de psy. Mais les questions qu’il se pose, je me les suis posées à son âge et je me les pose encore aujourd’hui. Le film reflète en revanche ma personnalité et ce que je suis, bien plus que sur Mandy Lane où j’ai apporté des éléments mais qui repose sur le scénario d’un autre. Ce n’est pas autobiographique mais ça reste très personnel. C’est également comme ça que je conçois le cinéma. Et puis si ça avait été totalement autobiographique, c’aurait été très ennuyeux car il aurait suffi que je montre un personnage assis chez lui en train de jouer aux jeux vidéo. Sur deux heures, c’est impossible.

Quel genre d’adolescent étiez-vous ?
A l’époque, je me souviens que je me sentais très étrange. Pas dans les normes. A New York, il faut savoir que le hip-hop, contrairement à ce que sous-entend Wackness, n’était pas réservé aux marginaux. Tout le monde écoutait ça. Etre blanc et écouter du hip-hop, ça n’avait rien d’original. Le hip-hop, c’était un grand mouvement qui au milieu des années 90 est passé de la côte ouest à la côte est des Etats-Unis. J’écoutais Wu Tang-Clan, Notorious BIG. J’imagine que Paris doit être semblable à New York d’un point de vue cosmopolite. Et qu’à l’époque, il était devenu facile de se procurer ces productions-là. J’aimais le discours qu’il y avait dans ces morceaux. Je m’y reconnaissais. Mais je n’écoutais pas que du hip-hop. C’est là où il y a encore une différence entre le personnage principal et moi : j’écoutais aussi beaucoup de grunge, j’adorais Nirvana et tout ce qui venait de Seattle. Je me suis essentiellement focalisé sur le hip-hop parce qu’il y a quelque chose proche de la confession et qui relève de l’intime.



Le film repose partiellement sur l’opposition entre deux personnages totalement différents mais qui partagent les mêmes doutes. Comment est venue cette idée ?
La première chose que j’ai écrite, c’était ces deux personnages. Je n’avais même pas encore écrit celui de Stéphanie. Je ne savais pas encore vers quelle direction je voulais aller mais je trouvais le contraste passionnant. Rassembler deux personnages à différents stades de vie mais confrontés aux mêmes obstacles et aux mêmes questions. Je me suis rendu compte que finalement on se posait les mêmes questions lorsqu’on avait 17 ou 54 ans. J’ai pris mon pied à écrire le personnage de Ben Kingsley parce que je pouvais me permettre ce que je voulais et lui faire faire n’importe quoi.


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