Vous n’avez donc pas envie de vous spécialiser dans le genre ?Quand j’étais ado, j’ai beaucoup regardé de films d’horreur. Beaucoup. J’en consommais à longueur de temps. Tous les Wes Craven, Carpenter, en même temps des films totalement dégénérés datant des années 70. Je les aimais comme cinéphile mais lorsque j’ai eu envie de devenir réalisateur, je n’ai jamais eu l’intention de réaliser des films d’horreur. Jamais. A l’époque, j’avais des prétentions. Je voulais faire des films comme ceux d’Antonioni, Godard. Avec le recul, je me rends compte que le film d’horreur est un excellent tremplin pour savoir ce que vous voulez faire par la suite. L’horreur permet de partir en vrille très rapidement, et les fans du genre acceptent le fait que l’on parte en vrille et que l’on s’amuse avec les personnages. Beaucoup de cinéastes qui n’ont rien à voir avec le genre ont commencé en faisant des films d’horreur. C’est aussi ça qui m’a stimulé.
Faut-il résumer Mandy Lane à un genre ?Tous les garçons aiment Mandy Lane devait n’être en apparence qu’un teenage movie qui n’utilise pas les clichés du genre. Je ne parle même pas de ce qui correspond aux codes du film de genre, juste aux « films de bahut ». Avec ce film, j’avais juste envie de montrer un état de mort lente que l’on peut ressentir lorsqu’on est au lycée. Là-dessus, les codes du slasher devenaient une sorte de métaphore pour définir la manière dont les uns et les autres allaient se zigouiller entre eux. La pression de grandir, la découverte de la sexualité, la manière dont ceux qui ne rentrent pas dans un moule sont considérés, la tentation des vices.
Finalement, est-ce qu'il y a un lien entre Stéphanie dans Wackness et Mandy Lane ?Je m’en suis rendu compte mais c’est totalement inconscient. Quand on réalise, on n’a pas nécessairement conscience de tout ce que l’on produit ou même la sensation de se répéter. Mandy Lane est bien plus démoniaque que Stéphanie même si elle brise le cœur d’un mec. En comparaison, elle est plus nuancée alors que je ne pouvais pas nuancer le personnage de Mandy Lane parce que j’avais besoin de conserver le secret sur sa vraie identité. Et pour appuyer cette nuance, j’ai vraiment dû compter sur Olivia Thirlby.
Propos recueillis par Romain Le Vern