Plus besoin de présenter Wes Craven, réalisateur, scénariste mais également producteur. On lui doit, entre autres,
Les griffes de la nuit,
L’été de la peur, la série des
Scream et dernièrement le renouveau du genre par l’intermédiaire des remakes avec la nouvelle version de
La colline a des yeux d’Alexandre Aja. Lui qui fut étudiant en littérature, Wes Craven aime constamment proposer de nouvelles lectures de ses propres mythes,
La dernière maison sur la gauche attestant de son désir de revenir sur le drame familial du film original.
Le film original de La dernière maison sur la gauche était un pur produit de son temps, pourquoi avez-vous choisi d’en faire un remake plus de trente ans après ?Pour plusieurs raisons. Sean Cunnigham et moi-même étions de nouveau propriétaires des droits du film, le contrat original courait sur trente ans et tout à coup le film nous revenait, ce qui nous a surpris car on avait totalement oublié toutes ces clauses qui nous permettaient de reprendre la main sur ce film. Et pour nous l’idée nous semblait assez exotique de savoir ce qu’un réalisateur pourrait faire aujourd’hui avec la matière originale du film, de laisser en quelque sorte le scénario disponible pour en faire quelque chose d’autre. Donc à la fois pour des raisons artistiques et économiques nous désirions mettre ce projet sur les rails et, bien entendu, le succès de
La colline a des yeux nous a convaincu que le jeu en valait la chandelle. Economiquement le projet était très séduisant mais pas seulement, il était aussi question d’aborder de nouveau les conventions du genre.
Que signifie pour vous le fait de refaire ce film en 2009 ? L’analyse de la violence est-elle différente aujourd’hui ?Récemment tout un corpus de film a replacé la violence au cœur de leur raison d’être, des films comme
Saw ou encore
Hostel, tous ces films qui justifient leurs récits par la débauche de violence qu’ils contiennent, nous, nous voulions davantage nous concentrer sur une violence possible, réaliste, avec toute la dimension humaine et psychologique qu’elle peut questionner. La dimension familiale du film prend donc ici une importance considérable. Qu’arrive t-il lorsque la violence touche les sentiments familiaux ? Une grande majorité de films d’horreur mettent en scène des groupes d’adolescents qui se retrouvent coincés quelque part mais qui n’ont pas, entre d’autres liens, que ceux de l’amitié, pas de liens plus forts que ça.
La dernière maison sur la gauche s’attaque au noyau même de la structure familiale, et c’est ce qui me fascine le plus dans cette histoire.