C’est en effet avec
Men in Black 2 (ou
MIIB, décidément !) que l’acteur retrouvera en 2002 la voie du succès. Ayant le désavantage de ne pas créer la surprise à l’inverse du premier opus, le film reste tout de même diablement efficace tant dans sa réalisation que dans ses effets spéciaux, et fait la part belle à ses deux héros, Will étant cette fois obligé de porter la culotte alors que son collège toujours interprété par le pétillant Tommy Lee Jones décide de prendre sa retraite. De la thématique de l’apprentissage, on arrive ici à celle de la passation de pouvoir et de l’accomplissement. Les aliens cabotinent, le côté comédie est bien plus accentué, l’intrigue fait un peu plus fouillis mais la magie opère toujours auprès d’un public qui lui permet d’amasser plus de 300 millions de dollars de recettes autour du globe. Un succès colossal qui fait définitivement de Will Smith un intouchable, aucun de ses futurs films ne tombant en dessous de la barre des 130 millions de dollars pour le seul box office américain.

Après le succès d’un
Bad Boys 2 de très mauvais goût (vannes foireuses, réalisation épileptique, intrigue grotesque et pyrotechnie abusive) qui prouve que décidément soit Will Smith est une valeur sûre (ce qui est désormais prouvé), soit que le public n’aime aller au cinéma que pour voir un feu d’artifice de n’importe quoi (ce qui se tient aussi, le
The Island du même réalisateur, plus intéressant et plus pensé fut un four retentissant alors que le récent
Transformers, toujours de Michael Bay, a déjà engrangé plus de 700 millions de dollars/monde tout en étant une bouillie numérique sans nom dotée de dialogues destinés au moins de 4 ans), Will Smith, sans doute inspiré par le
Minority Report de Steven Spielberg qui mettait en scène un Tom Cruise déprimé évoluant dans un futur technologiquement avancé mais humainement sordide, se lance dans l’aventure
I, Robot.
Réalisé par Alex Proyas, celui-ci ayant déjà prouvé sa maestria lorsqu’il s’agit de mettre en scène des univers sombres et des héros tragiques (ses
The Crow et
Dark City sont cultes à plus d’un titre),
I, Robot fut promis comme étant une fidèle transposition de l’univers de Isaac Asimov, basant son intrigue sur les fameuses lois de la robotique éditées dans son ouvrage
Les Robots. Inutile de dire que les adorateurs de ce dernier, espérant un sombre film hautement réflexif, tombèrent de haut lorsqu’ils assistèrent impuissants à la projection de ce blockbuster tous publics prônant la supériorité de la Converse 2004 sur la basket du futur. Mais il serait bien réducteur de juger le film sur ces uniques critères. Campant à merveille un personnage hanté, traumatisé jusque dans sa chair, Will est un parfait détective du futur. Direct, froid, incisif, et bourrin juste ce qu’il faut, il évolue dans un univers magnifié par des effets spéciaux de première, une réalisation aussi virtuose qu’élégante et une intrigue qui, même si elle n’est pas le fantasme espéré, reste un des meilleurs scénarios d’anticipation jamais mis en scène pour un tel budget. L’intelligence artificielle y croise ainsi la révolution robotique et certaines scènes d’action (dont la course poursuite dans le tunnel et le final) sont d’une intensité à couper le souffle.

Bien heureusement, le public ne s’y est pas trompé et a réservé un accueil phénoménal au film (343 millions de dollars à travers le monde pour un film qui en a coûté 52, ce n’est pas rien) et prouve encore une fois que le cocktail Will Smith + SF est une recette qui gagne. Ayant depuis par deux fois séduit son public avec respectivement une comédie romantique (Hitch) et une fable humaniste (
A la recherche du bonheur), Will revient cette année pour probablement battre son propre record :
Je suis une légende est en effet un projet qui joue l’arlésienne auprès des fans de science fiction horrifique depuis bien longtemps (le projet était un temps promis à un Schwarzenegger de la grande époque) et marque une nouvelle avancée pour Will : après la comédie franche (
MIB) et la SF torturée (
I, Robot), Will chatouillera du Vampire dans le rôle du dernier homme sur Terre, luttant perpétuellement pour sa propre survie. Il ne nous reste plus qu’à espérer que le film soit au moins à la hauteur de nos attentes, ce qui au vu des différentes bandes-annonces, s’annonce comme un pari encore une fois réussi.