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Willy Ronis, Prelude A Un Autoportrait [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 05 décembre 2006 à 02h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h19 - 0 commentaire(s)
L’éditeur Doriane films au début du mois dernier avait la riche idée de nous proposer en DVD un portrait de Willy Ronis, l’un des plus émérites photographes français du siècle passé en nous présentant Willy Ronis, autoportrait d’un photographe. L’occasion est donc idéale de revenir sur cette personnalité qui par ses clichés marqua son temps et notre imaginaire à l’instar de Robert Doisneau et de nombre des compagnons d’images de sa génération. Et c’est non sans un certain plaisir que brièvement l’immense artiste qu’il est se dévoile au sein de la grande famille des photographes humanistes français.



« La belle image, c'est une géométrie modulée par le coeur. [...] il faut avoir l'instinct du nombre d'or. » Willy Ronis

Le jeune Willy Ronis est né en 1910 à Paris. Ses parents, des émigrés juifs d’Europe de l’Est, avaient fui leur pays pour la France afin de vivre à l’abri des pogroms d’alors. Fils d'un juif Ukrainien venu d’Odessa et d'une jeune pianiste juive d’origine lituanienne, le jeune homme vit donc au coeur du neuvième arrondissement dans un environnement cultivé de mélomanes avertis. Son père d’abord retoucheur en photographie dans un studio réputé va ouvrir assez vite son propre studio sous le pseudonyme de Roness, semblant prédisposer son fils à cette activité. Pourtant malgré l’activité paternelle, l’heure n’est pas pour lui ni au choix de cette voie ni d’une telle carrière. En effet, en 1929, l’espérance de Willy Ronis à défaut de passer par l’image, s’oriente concrètement vers des études de droit mais plus encore vers la musique, dans la prime continuité familiale. Ainsi ses envies l’amènent à davantage se vouloir compositeur qu’à s’imaginer photographe ou reporter. Ce ne sera que trois années plus tard que son destin se forgera. En effet, à son retour du service militaire, la santé de son père et le poids de ses demandes l’obligent à reprendre l’affaire familiale au détriment de ses ambitions musicales. Bien que peu passionné par l’activité et malgré le fait qu’il s’exerça déjà à la pratique photographique à des fins loisibles, Willy Ronis obéit sans joie. La France connaît alors une période trouble, frappée qu’elle est par les conséquences de la crise mondiale de 1929 et les soubresauts extrémistes qui en résultent. Alors que la gauche se mobilise amenant aux législatives de 1936, l’avènement du Front Populaire, le jeune photographe partisan de telles idées, suit avec entrain les manifestations ouvrières d’alors et prend ses premiers clichés marquants sans le savoir vraiment.


Cette année sera ainsi décisive pour lui puisqu’elle marquera la mort de son père et la vente d’un studio vécu davantage comme un fardeau. Alors que la famille déménage dans le onzième arrondissement, l’expérience aussi douloureuse qu’elle soit, s’avère dès lors concluante et libératoire. C’est en effet à cette date dans cette période agitée et favorable à l’engagement, qu’il décide de se consacrer au reportage en tant que photographe.


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