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Woody Allen et ses doubles [page 4]

Par Nicolas Houguet - publié le 20 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 15 mai 2010 à 11h39 - 0 commentaire(s)
Le réalisateur quant à lui se réserve quelques rôles dans des films plus légers, rappelant ses débuts burlesques (dans le Sortilège du scorpion de Jade, Hollywood Ending). Ses invités s'approprient son univers avec un certain bonheur (Jason Biggs dans Anything else, Will Ferrell et Radha Mitchell dans Melinda et Melinda). Scarlett Johansson, après Match Point, s'installe clairement dans le registre habituel de son réalisateur, étudiante gaffeuse dans Scoop (lui s'auto-parodie en magicien peureux et loser).



Les deux frères que campent Colin Farrell et Ewan McGregor dans Le Rêve de Cassandre, rappellent la mauvaise conscience qu'éprouvait Martin Landau> dans Crimes et délits. Mais le duo exprime également cette part dérisoire et fébrile qui caractérise Woody Allen quand il fait l'acteur. Pourtant, on s'éloigne du personnage binoclard et complexé qui caractérisait une part de son cinéma, dans Vicky Cristina Barcelona. Même si dans la lâcheté des personnages et leur insatisfaction chronique, on retrouve un peu des doutes habituels du réalisateur, il ne les incarne pas dans un personnage précis.

Whatever works aurait marqué un retour à sa patte plus ancienne, en même temps qu'un retour en ses terres, s'il en avait assumé le rôle principal. En le confiant à Larry David qui se l'approprie véritablement, donnant une saveur toute particulière aux répliques brillantes du cinéaste, Woody Allen s'écarte encore un peu plus subtilement de son double binoclard, pittoresque et invariable comme un héros de B.D.



En choisissant d'autres visages pour interpréter sa partition, il a pu apporter à son univers des nuances inattendues, lui permettant souvent d'explorer d'autres registres (du tragique au comique, du mordant à la farce, de l'ironie au drame). Le cinéma de Woody Allen est ainsi beaucoup moins monotone qu'on le prétend parfois.
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