Dire de la série X-Files qu'elle fut un véritable phénomène de société lors du fait de sa gloire, au milieu des années 90, serait un euphémisme. Déclinée à toutes les sauces pour le plus grand plaisir des fans et collectionneurs (ah, que de souvenirs, ce faux paquet de Morley !), ultra-médiatisée au point d'obtenir l'insigne honneur de faire la couverture du 100ème numéro de Mad Movies (un coucou aux confrères qu'on adore !), le show de Chis Carter finit par obtenir - en toute logique vu ses aspirations artistiques et scénaristiques - une version cinématographique se calant chronologiquement entre ses saisons 5 et 6.
X-Files, le film, un excellent intermède, peut-être un poil trop démonstratif dans son final. Et qui présentait l'énorme qualité de s'inscrire implicitement dans la narration de la série, avec l'annonce de la ré-ouverture du bureau des affaires non-classées dans ses dernières secondes. Le show repartait ainsi de plus belle, comme au bon vieux temps, puis connut une sacrée cassure lorsque l'agent Mulder disparut corps et biens, ne laissant plus que son ombre plâner sur un toujours sympathique Robert Patrick qui allait devoir malgré tout assurer un lourd héritage. Bien que la qualité générale fut toujours aussi bonne, X-Files perdit alors progressivement de son audience pour s'achever finalement en 2002, avec un final de neuvième saison qui laissait sacrément le téléspectateur sur sa faim. Heureusement, nous savions que l'idée de faire un second film traînait dans l'esprit de Carter et des autres géniteurs de la série, acteurs compris, nous imposant alors l'épreuve d'une patience interminable (à l'époque d'internet et tout le tra-la-la, oui, c'est long six ans !). Patience désormais récompensée puisque, le 30 juillet prochain, sortira sur nos écrans ce second film,
X-Files Régénération. Pourtant, alors que nous ne sommes qu'à un mois de cette date, en pleine hallali, nous nous apercevons que nous ne savons finalement que peu de choses sur ce film dont la véritable teneur de l'intrigue est (peut-être) encore tenue secrète. Quoi qu'il en soit, notre enthousiasme n'est en rien gâché et c'est pour ça que nous vous proposons, dans la joie et la bonne humeur, d'enquêter tels nos agents préférés pour récapituler ce que nous en savons et essayer d'en tirer des plans sur la comète. "
I'm special agent Mulder, FBI, and this is special agent Scully..."
Quand le public américain découvre le 19 mai 2002, et quelques mois plus tard le public français, ce qui restera comme "La Vérité" (
The Truth, le titre en v.o.) sur la série X-Files, le dernier épisode, il est indéniable que la chose manque cruellement de finalité. Un comble quand, au bout de neuf années d'intrigues aussi tarabiscotées que prenantes, on se retrouve avec un final en demi-teinte, bien rythmé mais désespérement laissé ouvert, avec nombre d'éléments en suspens. Ce qui est guère satisfaisant - avouons-le - au regard de la mythologie que Chris Carter et ses scénaristes ont élaboré sur près de la moitié des 203 épisodes que compte le show, un complot dont les ramifications se trouvent dans
La Vérité est ici (le titre français) résumée de manière très claire par l'intermédiaire d'un épisode en grande partie sous la forme d'un procès. Procès permettant de réunir tous les personnages (même les morts !) apparus au cours des diverses intrigues ayant un lien avec cette mythologie, de ceux pouvant nous . Normal, direz-vous, puisque "la vérité est ici". Oui, sauf que comme nous l'avons dit, cette vérité n'amène finalement que d'autres questions tout autant captivantes, avec par exemple rien de moins que l'extinction prochaine de la race humaine ! Mais nous entrons là dans une partie
spoiler, alors on change de paragraphe pour que ceux ne connaissant pas la fin de X-Files puissent éviter toutes indiscrétions d'un bloc, s'ils le désirent. Et s'ils ne le désirent pas, cet article n'est de toutes façon clairement pas fait pour eux mais c'est gentil quand même d'être passé nous voir !

Alors, qu'est-ce qu'il y avait de si frustrant à voir se terminer ainsi notre série préférée d'entre toutes ? Pour faire bonne figure, nous commencerons par l'aspect humain de la chose, avec cette histoire d'un Mulder qui réapparait après des mois d'absence, découvrant en pré-générique un secret d'ampleur mondiale et au-delà (on va y revenir) pour se retrouver ensuite fait prisonnier par l'armée suite à une altercation avec un de ces supers-soldats de malheur, torturé, puis appelé à comparaître devant un tribunal qui jugera de son crime (le soi-disant meurtre du super-soldat, alors qu'ils sont à peu près immortels) en même temps que de ses neuf années de participation au bureau des affaires non-classées. L'occasion pour lui, comme nous l'avons dit, de retrouver nombre de personnages impliqués dans ses enquêtes, avec des retrouvailles parfois touchantes (Scully, bien sûr, avec cette romance sourde qui plane entre eux depuis le début) et d'autres particulièrement étonnantes (les fantômes, donc, et surtout un Krycek qui se montre ici un allié précieux pour Fox). Néanmoins, et malgré les preuves fournies lors du procès, Mulder est déclaré coupable car le complot s'ourdit au sein-même du jury, avec certains de ses membres qui n'ont d'humains que l'apparence. S'il s'en sort, ce n'est que grâce à l'aide de ses collègues, Scully, Skinner, Doggett, Reyes et même cette ganache de Kersh, pourtant jusque là une vraie raclure. Et c'est là que ça déraille car tous ces personnages que nous adorons, du sort desquels nous nous préoccupons, sont abandonnés par le récit alors qu'ils vont être considérés comme des traîtres par le gouvernement, les complices d'un pseudo-meurtrier. Et ce n'est pas un laconique "
nous saurons nous en tirer qui suffira à nous rassurer quant à leur devenir.