Il y a peu, à l'occasion d'une petite preview sur le référentiel Smash Cut, nous nous entretenions quant à la carrière du pape du gore, Herschell Gordon Lewis, et évoquions les différents remakes tirés de sa sanglante filmographie. Parmi ceux-ci, le plus notable et seul à être officiellement arrivé chez nous était alors 2001 Maniacs, relecture barrée et white trash du séminal 2000 Maniacs. Un bon gros délire partant dans tous les sens, orchestré avec une jouissance évidente par le réalisateur -alors débutant- Tim Sullivan. Et s'il est ensuite rapidement parti aiguiser son art sur l'inédit Driftwood, c'était non sans promettre que les joyeux habitants de Pleasant Valley reviendraient pour un second jeu de massacre.


Beaucoup de changements le long du chemin donc, et ce n'est qu'un début. Car le casting connaît aussi quelques modifications et Robert Englund, pourtant officiellement attaché au projet dès le départ (il le représenta même lors de différentes conventions), n'est en fin de compte plus de la partie lorsque les choses se mettent en place. Dommage, son interprétation du maire Buckman était responsable pour beaucoup de notre sympathie envers le précédent volet, et il s'agit désormais de trouver un remplaçant à la hauteur. Un acteur avec une aura culte similaire. Engagé depuis quelques temps déjà sur le film, l'excellent Bill Moseley change alors de rôle et devient le nouveau leader des cannibales sudistes, rejoint par quelques visages connus de 2001 Maniacs comme Lin Shaye (Mamie Boone) ou l'affolante Christa Campbell (la laitière) tandis que Nivek Ogre (Repo! The Genetic Opera) et Ahmed Best (LE Jar-Jar Binks de Star Wars !) assureront la nouvelle garde. Au rang de leurs victimes, les soeurs Courtney et Ashley Peldon singeront les blondinettes écervelées de l'émission The Simple Life et nous devrions en plus retrouver l'immortel Candyman, Tony Todd, dans un rôle encore inconnu.
Le casting emballé, il est grand temps de filmer ce long-métrage. Mais comme nous l'avons dit cependant, Tim Sullivan a dû revoir à la baisse son budget pour garder un contrôle total, ce qui se traduit bien évidemment par un tournage privé de tout faste. Déjà perdue au fin fond de l'Iowa, l'équipe n'a alors que douze petits jours pour mettre en boîte 2001 Maniacs : Field of Screams, avec un calendrier que l'on imagine infernal. Mais grâce à sa débrouillardise et le dévouement de ses collaborateurs, Sullivan relève le défi et sans douleur encore ! "C'est la meileure expérience de tournage que j'ai jamais eue. [...] Tout le monde s'est surpassé. Nous avions une équipe originaire d'Iowa, composée d'étudiants en cinéma, et il régnait sur le plateau une énergie comme je n'en avais jamais connue". En dépit de difficiles conditions, tout se passe donc au mieux et nous pouvons nous attendre à une suite au moins aussi variée que son prédécesseur, avec des mises à mort inventives et même quelques numéros musicaux (entre autres une parodie de Flashdance), le tout dans un esprit à la South Park ouvertement revendiqué par le réalisateur. "Je crois sincèrement que ce film dépasse le premier sur tous les plans, c'est une virée complètement barrée pleine de sexe, de sang et d'humour politiquement incorrect. Si le premier ne m'avait pas assuré une place en Enfer, celui-là le fera".
