Attention, ce long-métrage n'est pas un film d'amour.
500 jours ensemble est un film qui parle d'amour, de désillusions, de la fin de l'innocence. Un constat doux amer sur les rapports amoureux aux relents pop orchestré par un clippeur du nom de Mark Webb. L'artiste revient sur son œuvre présentée récemment en avant-première au festival de Deauville et qui sortira le
30 septembre dans les salles.
Comment êtes-vous arrivé sur le projet ?Je fais des clips vidéo depuis plusieurs années et j’ai eu un rendez-vous avec le producteur Mason Novick. Il m’a proposé de faire une sorte de comédie romantique et j’ai été immédiatement intéressé. Un peu plus tard, le script m’est parvenu. Je me suis senti connecté à l’histoire et j’ai eu l’impression de l’avoir déjà vécue.
La phrase d’accroche dit : « Ce n’est pas une histoire d’amour. C’est un film qui parle d’amour ». Il me semble que c’est surtout le récit d’une fin de l’innocence et du passage à l’âge adulte…C’est tout à fait juste. Ceci est déguisé en comédie romantique. Tom est naïf, peut-être un peu innocent. Heureusement, il apprend beaucoup de cette expérience.
Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel avaient déjà tourné ensemble et leur alchimie crève l’écran. Comment avez-vous trouvé le bon équilibre entre eux ?Il était déjà là ! J’ai rencontré Joseph avant Zooey et lorsque je lui ai demandé qui il verrait dans le rôle de Summer, il a tout de suite évoqué le nom de cette actrice. Il avait déjà les yeux qui brillaient et m’a dit combien elle était douée et sincère. Il y a quelque chose de construit entre eux.
Avez-vous procédé à une réécriture du scénario et avez-vous ajouté certaines séquences qui n’y apparaissaient pas ?J’ai développé le scénario avec les deux auteurs. C’était un véritable processus de collaboration. Pendant un an, nous nous sommes retrouvés entre trois hommes du même âge en train de discuter des films de notre vie. Nous avons tous partagé nos expériences.
Comment avez-vous appréhendé l’aspect non chronologique du scénario ?J’ai fait une grande carte pour mettre les choses à l’endroit, en prenant en compte les lieux de tournage. Sur le plateau, je guidais les deux acteurs sur la temporalité de la relation des protagonistes, pour qu’ils sachent se situer.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre travail avec le compositeur Mychael Danna ?Je suis très heureux que vous me parliez de Mychael car peu de gens le font. C’est un musicien très talentueux et extrêmement polyvalent. Ce compositeur est mon arme secrète. Nous avons cherché des thèmes romantiques sur lesquelles nous avons posé des tonalités austères pour illustrer la fin du film. Mychael a fait un boulot formidable. Il y a certaines notes qui rendent le long-métrage vivant. Il a été très malin sur l’instrumentalisation et les arrangements. Nous avons utilisé un orchestre de chambre avec lequel Mychael a trouvé des textures fascinantes à base d’intuitions. Il a travaillé avec Rob Simonsen qui a également fourni un travail merveilleux. Mon thème préféré se situe lors de la scène où ils sont dans la chambre. Il y a cette douceur, cette couleur musicale unique. Autour de la partition, il y a plusieurs chansons pop qui jouent un grand rôle dans le film car Tom est complètement immergé dans cet univers. Il en devient même un peu superficiel, voire superstitieux lorsqu’il s’aperçoit par exemple que Summer aime la même chanson que lui. Ce sont des choses sans importance et il en paye le prix. La musique a une importance majeure dans le film et à vrai dire, les scénaristes avaient même annoté le scénario de plusieurs chansons.

Quelle préparation a nécessité la séquence de comédie musicale ?Nous avons tous senti en nous une joie immense pendant cette scène. Avec ce genre de choses, vous pouvez vous élever d’une certaine réalité et exprimer un bonheur que vous ne pouvez pas exprimer autrement. Nous avons passé quelques jours avec les danseurs et nous nous sommes beaucoup entraînés car nous n’avions que quelques heures pour tourner. Nous avions un chorégraphe, Michael Rooney, qui comme Mychael Danna est très polyvalent. Dans qu’il entrait sur le plateau, il apportait une énergie positive.
Un autre collaborateur a fait un excellent travail dans les compositions lumineuses du film. Parlez-nous de votre travail avec le directeur de la photographie, Eric Steelberg ?Il m’a été recommandé et était en train de tourner un film au Texas quand j’ai eu un premier échange avec lui. Nous avons passé beaucoup de temps à parler de l’histoire et il voulait que chaque plan fasse partie d’un ensemble. Le film se voit à travers les yeux de Tom et il a tendance à idéaliser les choses, à les regarder d’en bas. C’est le parti-pris de l’œuvre. Dans la scène du karaoké, on voit Summer en contre-plongée. Nous l’avons sublimée et nous rentrons dans la zone émotionnelle du personnage principal. Les séquences fantaisistes émanent des yeux de son esprit. Il imagine toutes ces choses, avec ses propres références. Eric est un véritable conteur.
Quel est votre membre préféré des Beatles ?George Harrison, même si je les aime tous !
Propos recueillis par Nicolas Schiavi