Par Kevin Dutot - publié le 13 décembre 2007 à 05h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h58 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie du Renard et l'Enfant, le film qui fait aimer la nature 1h30 dans l'année, nous allons tenter de définir en sept degrés de séparation ce qui pourrait relier le renard du film (prestation incroyable, croyez en l'auteur de ces lignes) à Cate Blanchett qui cette semaine, ne jouera pas aux osselets avec un animal au pelage roux, mais interprètera la grande Reine Elisabeth dans le film éponyme. Alors comme ça le lien ne paraît pas d'une évidence cristalline mais avec un capillotractage élaboré (à peine camouflé) il est tout à fait possible de rendre copains comme cochons Renard et Blanchett. Puisqu'on vous le dit !


Renard est le personnage principal du nouveau film réalisé par celui qui a réussi à réunir 2 Millions de français sur la banquise pour entendre une armée de manchots empereurs doublés par Romane Bohringer et Charles Berling. Ca ne donne pas forcément envie, raconté comme ça... C'est normal. Il n'empêche que le doc est un carton énorme et revient d'une virée Outre-Atlantique avec un joli pactole de près de 80 Millions de $. Tout de suite, on se moque un peu moins. Mais on ne garde pas son sérieux très longtemps. March of The Penguins (en Version Uncle Sam) est un tel phénomène qu'il aura droit à sa parodie pourrie, Farce of The Penguins avec Samuel L. Jackson en narrateur lubrique. Le film est tellement nul qu'il sort directement en DVD aux USA. Seuls nos amis Japonais et Australiens ont eu droit à une sortie en salles. D'après nos sources, ils sont vachement contents. Toutes ces histoires autour d'un film sur des pingouins, qui l'aurait cru ?! Alors on se lève pour applaudir et on félicite...

Luc Jacquet, le cinéaste qui collectionne les peluches d'oiseaux qui savent même pas voler. Documentariste reconnu pour avoir réalisé l'un des films français les plus rentables sur le sol américain (Cela dit en passant, ils ont tout de même changé la musique et la narration lors de la sortie aux Etats-Unis... Emilie Simon ça le faisait pas trop) et oscarisé en 2006 pour son Happy Feet en mode "National Geographic". Rien à voir, mais l'anecdote est de taille: un an auparavant, durant cette même cérémonie de prestige, Beyoncé Knowles chante "Vois sur ton chemin", la chanson phare des Choristes. Elle ne comprend rien à ce qu'elle baragouine et le tout ressemble à une humiliation en place public ("siiiante au cueeeur de la nooouuuiit..." youtube rules !). C'est fort ! Pour revenir à Luc Jacquet, il faut préciser qu'il est également très copain avec la narratrice de son dernier film, celle qu'on appelle La femme défendue...


Isabelle Carré, l'une des comédiennes françaises les plus intéressantes de sa génération. Une belle blonde pétillante et pleine de ressources qui arrive toujours là où on ne l'attend pas. Née en 1971, Isabelle a déjà tourné dans près d'une cinquantaine de films et téléfilms depuis son premier petit rôle dans Romuald et Juliette de Coline Serreau en 1989. En moins de 20 ans, à raison de plus de deux films par an, Isabelle Carré enchâine les projets, les pièces de théatre et les nominations aux César (six au total, elle l'emporte pour Se Souvenir des Belles Choses). Bref, un petit bout de femme qui fait rêver et qui n'a jamais pris la grosse tête. Elle est la seule actrice à avoir tourné pour la quasi totalité des réalisatrices françaises : Danièle Thompson, Zabou Breitman, Noémie Lvovsky, Jeanne Labrune, Anne Fontaine, Laetitia Colombani, Danièle Dubroux, Diane Kurys et bientôt Madame Musquin, aka...


Josiane Balasko, actuellement à l'affiche du déprimant L'Auberge Rouge et en préparation de son septième film en tant que réalisatrice, Cliente... Réunissant Natalie Baye, Eric Caravaca, Marilou Berry (sa fille) et Isabelle Carré, ce nouveau long-métrage qui sortira dans nos salles en septembre 2008 raconte les aventures de Judith, la cinquantaine séduisante, qui s'offre les services de jeunes gens pour couvrir son appétit sexuel. Alors forcément, comme en France on est un peu frileux et que ce n'est pas le genre de film à diffuser en prime time sur TF1 (ils sont si prudes et intelligents nos beaux élèves de la Star Ac'...), Cliente a mis un certain temps à se faire et il aura fallu que Balasko projette sur grand écran sa pièce de théâtre L'Ex-femme de ma vie avant de pouvoir tourner cette œuvre plus personnelle et ambigue. Ce fut cependant pour l'actrice et réalisatrice l'occasion de nous offrir quelques micro séquences dignes d'un Père Noël est une ordure avec son collègue toujours aussi bronzé...


Thierry Lhermitte, que vous pourrez découvrir dans le nouveau film de Guillaume Nicloux, La Clef, qui marque le retour de Vanessa Paradis sur grand écran après deux ans d'absence... Si l'on doit revenir sur la récente filmographie du comédien, on aurait tendance à se dire que Lhermitte patauge grave. Entre les films à cacher dans une malle en destination pour Singapour : L'Antidote, Les Bronzés 3, Incontrôlable, L'invité, L'américain ou Au secours ! J'ai 30 ans et les autres du genre "qu'est-ce qu'il fout là-dedans ?": 13m2, Foon et Snowboarder, Thierry Lhermitte est actuellement aux abonnés absents. En même temps il faut bien les payer ces impôts. Et même lorsqu'il se risque à jouer sous la houlette d'un grand cinéaste comme James Ivory dans le Divorce (sorti et lynché en 2003), c'est le plantage total ! Entre le mauvais vaudeville terriblement caricatural et le drame bourgeois, Le Divorce ressemble à un énorme chou à la crème dégoulinant dans lequel une ribambelle de bons comédiens surnagent...C'est dommage, le comédien français était pourtant entouré de belles et plantureuses comédiennes comme Kate Hudson ou la belle...

Naomi Watts, la meilleure copine de Nicole Kidman est aussi une excellente actrice. N'en déplaise à certains qui la confondent avec une blonde au charisme type pub l'Oréal (non Florent, gentil chroniqueur, tu n'es pas visé), ce pur produit australien exporté aux Etats-Unis depuis 2000 a rencontré sur son chemin David Lynch, David Cronenberg, Peter Jackson et Marc Forster. Partout où la jolie Watts passe, le spectateur trépasse. Actuellement en préparation de 172 projets plus ou moins intrigants, elle devrait vraisemblablement remplacer Tippi Hedren dans le remake des Oiseaux que Martin Campbell nous concocte, jouer de la politique dans le nouveau film de Tom Tykwer (réalisateur du Parfum... ceux qui ne l'ont pas vu peuvent arrêter de lire ce texte immédiatement et se flageller d'une bonne douzaine de coups de fouet), comprendre ce qu'est la peur dans le remake de Funny Games par Haneke et jouer dans le futur nanar de 2009, Anges et Démons, suite indirecte du nanar de 2006: Da Vinci Code. En attendant on peut toujours se repasser LE film qui a révélé les talents d'actrice de notre chère Naomi, 21 grammes, du très mexicain...


Alejandro Gonzales Inarritu, un cinéaste qui a su donner à son nom le prestige que tout metteur en scène se doit d'atteindre dans sa carrière. Après seulement trois longs-métrages, Inarritu est en effet devenu l'un des réalisateurs les plus en vue de ce nouveau millénaire. Le temps d'une trilogie riche et passionnante se concentrant sur des évènements indépendants aux conséquences multiples sur la vie de plusieurs protagonistes, le cinéaste a su développer un univers riche et foisonnant s'amusant à jouer sur les genres, les différences de ton et de facture. L'exemple le plus flagrant, mais également son oeuvre la moins aboutie, reste à ce jour son dernier film, Babel, qui tout en proposant au spectateur de s'évader à travers le monde, ne parvient qu'à certains moments uniquement à toucher le coeur de son sujet. Le film déborde cependant de séquences incroyables tantôt spectaculaires (la boîte de nuit) tantôt intimistes où les personnages prennent une très belle ampleur. A l'instar d'une scène bouleversante où Brad Pitt, aidant son épouse à uriner, commence à évoquer le drame qui les éloigne et les lie depuis plusieurs mois, la perte de leur enfant. La femme, d'une force émotionnelle incroyable, n'est autre que la très attendue...

Cate Blanchett ! Qui clôt donc notre petit jeu des sept degrés de séparation avec classe ! Vous pouvez actuellement la trouver extraordinaire dans le dernier film de Todd Haynes, I'm Not There, ou un cran en dessous dans le film de Shekhar Kapur, Elizabeth: L'âge d'or... Dans les deux cas et selon les goûts (vous êtes plutôt Bob Dylan ou Reine hérétique ? Vous avez le droit d'être ambivalent, on tolère beaucoup de choses à la rédac), il est important d'aller redécouvir cette grande comédienne australienne qui offre à chaque fois un peu plus de sa personne et de sa générosité d'actrice. Une belle et grande actrice...



Vos réactions


logAudience