Par La Rédaction - publié le 26 décembre 2007 à 00h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h33 - 3 commentaire(s)
Il y a quelque chose de très dérangeant dans Anna M. qui fait que l’on sort de la projection délicieusement troublé. C’est suffisamment rare pour être souligné même si, vu l’intensité du bloc, on ne le conseillera pas à tout le monde. Sur presque deux heures, le film, totalement suicidaire – et c’est en cela qu’il est si beau –, dépeint l’environnement malsain d’une petite fille dans un corps adulte, pas maître de ses pulsions et asséchée par le manque de désir. En autopsiant avec un style clinique et sans la moindre fioriture stylistique superflue un cas d’érotomanie où une femme assujettie à la misère sexuelle et affective s’invente une romance avec un docteur renommé allant jusqu’à bouleverser l’harmonie de son couple, Spinosa renvoie incidemment à nos propres angoisses et, fort de cette dimension paranoïaque qui n’épargne personne (femme comme homme), élude toutes les facilités.




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