Par - publié le 07 novembre 2006 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h16 - 1 commentaire(s)
BackWoods de Koldo Serra, se situe ouvertement dans le sillage des survivals comme Délivrance et Les chiens de paille avec une dimension tripale assez bien rendue qui devrait plaire aux amateurs. Une première bande-annonce est dispo pour les petits curieux.



Présenté au Marché du film au festival de Cannes et plus récemment en film surprise au dernier festival de Sitges, Backwoods, de Koldo Serra, est une sorte de cauchemar singulier dans lequel on sait où on va mais on a peur d'y aller. Deux couples bien différents (les deux hommes entretiennent une relation de manipulation qui va évidemment se renverser) partent en vacances dans la campagne espagnole et se trouvent très vite confrontés à l'hostilité des autochtones (faut dire que Ledoyen débarque dans le bar en ayant pris le soin d'arroser son maillot et de laisser transparaître ses seins en évidence - ce qui attise évidemment l'attention de tous les mâles forcément frustrés).

Mais tout prend des proportions considérables lorsque les deux hommes, partis chasser avec le chien, tombent sur une gamine recluse dans une grange comme dans L´été où j´ai grandi, de Gabriele Salvatores. A partir de là, l'atmosphère devient étouffante, les secrets remontent à la surface et les lieux communs aussi. Soyons honnêtes : Backwooks est une tentative plus intéressante que potentiellement novatrice à l´inverse par exemple de Calvaire, de Fabrice du Welz qui proposait un cauchemar cinéphile d´une grande classe formelle (ça lorgnait davantage du côté d'André Delvaux et de Tobe Hooper avec une pincée de Gaspar Noé). Ici, le menu est plutôt light d'autant que le récit s'avère inégal voire manichéen dans son propos. C'est la tentative de cinéma qui impressionne plus et la sensation (délectable) dès les premières images d'assister à un film impressionnant (belle introduction de personnages pourtant archétypaux).



Si certes le jeune cinéaste accuse une faiblesse dommageable dans sa conclusion en voulant appuyer l'idée de la dégradation de l'homme par l´homme en le mettant accessoirement en opposition avec la nature, il fait montre d'une belle énergie et invente à travers un canevas rompu aux clichés du genre (installation du malaise, tentative de viol, lâcheté humaine, angoisse sourde, passage de l'humanité à la bestialité) quelques audaces. Dont celles d'affubler Gary Oldman (excellent) d'une moustache façon Jean-Pierre Marielle dans La Traque ou encore d'adopter le look seventies avec la bande-son qui tape et les effets stylisés dès le générique. Honnêtement, peu importe que ce soit imparfait : des films pareils font plaisir à voir et son le international hétéroclite (Oldman donc, mais aussi Paddy Considine, Aitana Sánchez-Gijón et Virginie Ledoyen) devrait lui assurer un intérêt hors des contrées espagnoles.

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