Par - publié le 27 juillet 2006 à 12h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h05 - 14 commentaire(s)
Atmosphère suspicieuse, seconde guerre mondiale, érotisme discret, soubassements internes: Blackbook, le dernier long métrage de Paul Verhoeven, qui marque son grand retour aux Pays-Bas, devrait faire sensation. La première bande-annonce, enfin disponible, est prometteuse.

Paul Verhoeven est une sorte de génie, un immense cinéaste qui n'a jamais eu peur de rien, qui met en scène l'amour, la violence et la déraison comme personne. Chez lui, il faut savoir lire entre les lignes, aller au-delà des apparences pour comprendre les messages véhiculés. Des problèmes avec la censure hollandaise et de subventions dans son propre pays (Turkish Delight mais surtout Spetters qui frôle l'interdiction) l'ont en partie obligé à quitter son pays natal (Jan De Bont, son chef opérateur, et Rutger Hauer, son acteur fétiche, suivront sa démarche). Aux States, il ne s'est pas laissé engouffrer par la machine Hollywoodienne et a su fuir toute machinerie calibrée. Dans sa carrière américaine (celle que nous connaissons mieux), Verhoeven a signé des œuvres brillantes, sulfureuses, intelligemment conçues où ses obsessions personnelles se noyaient dans des blockbusters robustes.


Une carrière passionnante car ses œuvres tendent à montrer une Amérique phagocytée, sclérosée, presque fascisante, pourrie par la corruption et le capitalisme. Par exemple, dans La Chair et le sang, des mercenaires barbares pillent, violent, tuent pour de l'argent ; Robocop cache un redoutable pamphlet anti-USA mode Reagan ; Starship Troopers s'avère sous le divertissement futile une allégorie vénéneuse d'une Amérique belliciste ; ou même le tant décrié Showgirls qui se présente comme une parabole cynique sur l'arrivisme et surtout un film d'un mauvais goût qui démolit en deux temps trois mouvements les désillusions du rêve américain (Las Vegas est décrit avec un racolage inouï pour mieux ressentir son pourrissement intérieur). Un film où le sexe est ici un moyen de grimper dans l'échelle sociale (comme dans Katie Tippel) mais à l'opposé de la vision simple, légère, presque naïve qu'il en avait dans, par exemple, un Turkish Delight, summum d'érotisme jouissif.

De la même façon, L'Homme sans Ombre prend pour antihéros un homme aux basses pulsions qui se sert de son invention (devenir invisible) pour faire tout ce que le gentil héros vertueux ne ferait pas : aller enquiquiner les filles sous la douche. Blackbook, son nouvel opus, marque son grand retour aux Pays-Bas et surtout à la vue des premières images un retour aux audaces stylistiques des années 80 (la guerre façon Soldier of Orange, l’érotisme façon Katie Tippel, l’enquête étrange façon Quatrième homme).


Cette production européenne de 16 millions d’euros se présente comme un thriller qui se déroule pendant la Second Guerre mondiale et suit le parcours mouvementé d'une jeune résistante hollandaise sous l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale. Fuites, collaborations, trahisons, double jeu, coups de théâtre et rebondissements pour un scénario haletant. Que contient le petit livre noir ? Suite aux récents échecs de ses films (la critique n'y a pas été de main morte) et problèmes liés à la censure, Verhoeven revient dans son pays natal et il n'est pas content. Son Blackbook devrait assurément régler quelques comptes.


Par la suite, le réalisateur Paul Verhoeven adaptera le roman Kneeling on a bed of violets de l'écrivain Allemand Jan Siebelink. Ce sera le second film européen pour Verhoeven après son départ d'Hollywood. C'est l'histoire d'un roi qui impose une vision particulière voulant se convertir au Calvinisme orthodoxe. Le scénario était écrit depuis longtemps par un ami, un collaborateur du cinéaste : Gerard Soeteman. Le budget du film sera d'environ 10 millions d'euros. Le tournage est a priori prévu pour 2007.

Bande-annonce VO (cliquer sur "de trailer van Paul Verhoevens 'Zwartboek'!")
Site officiel hollandais

Sortie Black Book en France : inconnue
Sortie Hollande : 14 Septembre 2005

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