Par RLV - publié le 20 juin 2006 à 11h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h01 - 8 commentaire(s)
Michel Gondry est un drôle de personnage qui ne fait rien comme les autres. Clippeur de renom fasciné par les univers mentaux et les délires bizarres, le réalisateur de La science des rêves possède différents paysages intérieurs où les songes les plus fous se cognent à la réalité du quotidien le plus palot. Son nouveau film, attendu le 16 août prochain, dans lequel il s’affranchit de la tutelle Kaufman, devrait certainement être l’événement de cet été tant sa sensibilité et son intelligence ridiculisent la concurrence.

LA SCIENCE DES REVES : SONGES AERIENS

Dès ses premières bobines, Le science des rêves dévoile sa magnificence, des tonnes d’idées à chaque plan et surtout sa grande idée – connue désormais mais mieux exploitée présentement – : retranscrire au plus juste tout ce qui se trame dans la tête d’un protagoniste en panne de lui-même, à des moments divers. Gondry s’essaye une nouvelle fois à l’exercice et relève le défi de manière plus convaincante que son précédent Eternal sunshine of the Spotless Mind dans lequel là aussi des personnages désiraient contrôler leurs souvenirs et revenir en arrière pour effacer les ravages du temps.


Après l’amour, Gondry parle d’un autre sujet (la mort) qui peut moralement et physiquement détruire un homme (qui s’est remis d’une histoire d’amour consommée ? Qui peut se remettre d’un deuil ?), et adopte la régression progressive du protagoniste Bernal qui retourne à l’état d’enfant et se perd dans un univers codifié où il anime sa propre émission de télé (à l’intérieur de lui-même, grosso modo), peut se lever le matin avec les pieds dans le congélateur et rêver qu’il a des mains gigantesques. Les réminiscences du passé se cognent méchamment aux visions pragmatiques d’aujourd’hui. De la même façon que l’on s’imagine un monde parallèle lorsqu’on écoute une chanson (lorsque des fragments d’images éparses de la vie de tous les jours se joignent au rythme et au plaisir de la musique), Gondry montre toutes les choses bizarres et indescriptibles qui s’agitent dans nos cerveaux quitte à les répéter de manière obsessionnelle, comme on revient en arrière pour se repasser en boucle un refrain séduisant. En suivant le brouhaha filmique, génialement chaotique et rudement maîtrisé, des choses dissimulées surgissent sous l’apparente légèreté du style.

Sortie : 16 Août

> Bande-annonce (version originale sous-titrée)
> Bande-annonce (version française)


Vos réactions


logAudience