Pour toute une génération de jeunes ados pré pubères
Scream s'est imposé comme un fleuron du cinéma d'épouvante, choix plus ou moins justifié si l'on s'en tient à tout ce qui a pu suivre ensuite. Soudainement les années 2000 enfoncent les portes à grand coup de moon boots et abreuvent ce même public de bandes annonces vérolées par l'esprit épileptico-high tech propre à MTV. Exactement ce qu'il ne fallait pas faire pour vendre un genre revenu à la mode, les films de zombies qui face aux slashers des années 90 (la pire période de l'histoire du cinéma d'horreur) fait vraiment office de boucherie.
Avec
L'armée des morts Universal gagne un succès mérité, nos petits jeunes découvrent alors
Zombie et George A. Romero devient la révélation des cours de récré, le réalisateur culte qu'on ne connaît pas mais qu'il faut vénérer parce que le grand frère l'adore, et qu'on aimera de toute façon puisque le remake "déchire sa race" et qu'on dira à tout le monde qu'on a déjà vu l'original pour être "in". On n'en reste pas moins un jeune américain de base se gavant de chips devant MTV, et Universal toujours distributeur du film en tiens compte… et nous accouche d'un machin publicitaire indigeste.
Certes, pour nous les jeunes skaters bouffis, George Romero est bien moins populaire que Tarantino, les Wachovski brothers ou même Neve Campbell (triste monde) mais ce n'est pas là une raison pour le traiter comme un pariât de plus pondant un téléfilm déjà programmé pour un lundi soir sur la petite chaîne qui monte. Oubliée la bande annonce animée rougissante de
Zombie, finie l'apparition cauchemardesque de ce visage géant, terminée les voix rauques et gémissantes d'âmes en peine errant dans de la viande avariée, évaporée cette magie malsaine !
La première bande annonce de
Land of the dead, sans être d'un total dégoût, semble surfer sur une mode bien pauvre d'images accélérées sur fond de hard rock à fond les ballon (pour faire démoniaque sans doute!) voulant tout montrer sans jamais rien dévoiler. D'ailleurs on n'oublie pas de montrer quelques images des opus précédents pour rappeler aux djeuns pas complètement dans le coup que trois films existèrent jadis. En résulte une accumulation de plans sans âme essayant de singer moult
Resident Evil ou
Armée des morts (dont le film annonce s'avère finalement meilleur que celui dont nous parlons) parce que c'est tendance et ne nous annonce même pas de quoi le film aura l'air. Les différences de classes sociales annoncées -les riches reclus dans le sommet des buildings, les pauvres en bas avec les monstres- ne sont même pas évoquées une seule seconde. Pour son grand retour, le maître n'est pas aidé. Néanmoins ce dernier a toujours eu pour habitude de transposer chacun de ses épisodes dans leurs époques respectives: 60's mystérieuses, 70's désarçonnées, et 80's…plutôt Z. Constat moyennement rassurant tant le cinéma d'horreur contemporain est capable du meilleur comme du pire, bien que le désappointement masqué de Dennis Hopper, visiblement le plus friqué de tous, nous annonce un personnage plutôt tordant.

En attendant cet été, faites comme nous, cliquez sur le liens ci-dessous sortez vos mouchoirs et pleurez à chaudes larmes en espérant sincèrement que ces quelques secondes ne rendent pas honneur au produit fini.
> Bande-annonceSortie France : 17 Août 2005