Il faut toujours revenir à la source des conflits pour déterminer les causes d’une catastrophe. En 1998, Hideo Nakata surprend son monde avec
Ringu premier du nom, adaptation d’un roman terrifiant de Kôji Suzuki. Deux ans plus tard, il donne lieu à une suite
Ringu 2 en réaction à
Rasen, second opus pseudo-suite, qui ne correspondait pas à ses attentes. Il décide donc lui mettre de mettre en scène un second volet qui, hélas, ne vaut guère mieux. Depuis, nous sommes submergés de décalcomanies: un
Ring coréen,
Ring 0 au japon et surtout le remake américain éponyme de Gore Verbinski, peu glorieux car honteux lorsqu'on porte le premier volet au pinacle, et sympathique lorsque l'on accepte le fait que ce soit une relecture.
Ring constitue donc un véritable phénomène de mode qui n’arrive singulièrement pas à trouver ses limites ni à relativiser la fascination.
Suite improvisée et mercantile de ce remake,
The Ring 2 n’avait a priori pas grand-chose pour stimuler les mirettes. Sauf que le réalisateur du second opus n’est pas Gore Verbinski mais Hideo Nakata lui-même. Si sa présence à ce niveau paraît rassurante et intéressante (comment va-t-il adapter son rythme lent et hypnotique à un public friand de péripéties pétaradantes ?), les intentions du cinéaste nippon restent floues : pourquoi avoir accepter ce remake alors que lui-même déclarait lors de la sortie de
Dark Water (une sorte de chef-d’œuvre, parfaite conjonction entre l’angoisse et le mélodrame) vouloir stopper les films d’horreur et se consacrer à des films plus sereins ?
La première bande-annonce tout juste apparue sur le net porte la marque du réalisateur de
Dark Water, certains passages rappelant d'ailleurs plus ce dernier que
Ring ! D’où quelques questions légitimes : Nakata serait-il en train de tendre un piège à Walter Salles qui prépare actuellement son remake de
Dark Water avec Jennifer Connelly ? Ou alors, encore une fois, est-ce en réaction à un premier volet aseptisé et pour éviter que Verbinski ne s’abîme une nouvelle fois dans le gouffre que Nakata a repris les commandes ?
Efficaces car recyclant des artifices connus tout en laissant planer un voile d’ambiguïté, ces premières images promettent néanmoins une certaine efficacité et Naomi Watts semble (encore une fois) impeccable dans son rôle. Par ailleurs, il résulte un imbroglio fascinant (Connelly, Watts, Nakata, Salles, Sadako, angoisse) qui séduit au plus haut point. Alors? Alors, malgré certaines réticences, nous serons au rendez-vous.
La bande-annonce est disponible en cliquant sur l'image ci-dessous :