Alors qu’on vient de la revoir chez Jim Jarmusch dans le beau et sensible
Broken Flowers, Sharon Stone ne s’est visiblement toujours pas remise de
Catwoman, de feu Pitof, et
La gorge du diable, thriller horrifique pourtant signé Mike Figgis, tellement calamiteux que les distributeurs ont eu suffisamment de flair pour le sortir directement en dvd afin d’égayer les rayons de vidéoclubs. Comme sa côte est en baisse, l’actrice prépare son come-back avec la suite de
Basic Instinct où Sharon reprend le personnage désormais mythique de la mante religieuse Catherine Tramell. Dans cet opus, elle quitte San Francisco pour Londres et reprend son métier d’écrivain. Oui mais voilà, la belle écrivaine est accusée du meurtre de son nouveau fiancé. Elle doit être évaluée par un psy (David Morrissey) avec lequel elle va nouer une relation tumultueuse. Progressivement, les deux individus vont révéler des détails troubles de leur passé. Résultat, elle est chaude comme la braise.
C’est un projet maudit tant il a été, à de nombreuses reprises, voué à l’échec. Verhoeven abhorre l’idée, Cronenberg était initialement prévu pour tourner l’engin mais, dans un ultime élan de conscience, a lâché l’affaire. Finalement, le projet a été repris par Michael Caton-Jones, spécialiste du thriller Hollywood night qui en profitera pour sortir en même temps dans l'Hexagone son abominable bombe lacrymale
Shooting Dogs sur la guerre du Rwanda (on y reviendra prochainement). Déjà, il y a une légère incohérence avec le premier Basic Instinct qui s’inscrivait – et de fait devenait cohérent – dans la filmographie de Paul Verhoeven tant son mirifique
Quatrième Homme en était le brouillon follement inspiré. Cette fois, le film repose sur l’attente et l’expectative.
Le dessein, impersonnel et mercantile, devrait être à la hauteur de sa réputation sulfureuse et s’annonce aussi sanglant qu’érotique. Les premières images de ce thriller, spécialement conçues pour le net, surlignent au stabilo cette impression. Malgré la bande-son kitsch (aurons-nous un morceau anthologique digne de La tour et son ténébreux
Blue ?) et l’esthétique craignos qui évoque
Body avec Madonna (Baudelaire disait bien "Faut-il qu’un homme soit tombé bien bas pour se croire heureux"), la bande-annonce
uncensored donne à voir une succession de séquences chaudes qui annoncent d’emblée la propension à la surenchère et la volonté de jouer avec son icône qui s’illustre dans le plus simple appareil ou alors dans des scènes de triolisme torrides. Ce n'est pas une vraie bande-annonce puisque il n'y a aucun crédit et le carton titre est plutôt douteux mais un promo reel qui sert à attiser le client potentiel et calibré pour les différents marchés du film. En tous les cas, ce sont les vraies images du film : Caton-Jones va même jusqu'à reproduire quelques séquences du premier volet (la sempiternelle poursuite en voiture, la boite de nuit, le pic à glace pendant l'amour...) C’est la démonstration probante que désormais, et cela après les opérations
Blair Witch et
A. I., le septième art et la planète web tendent à se rapprocher voire même à fonctionner de concert. Le film sort le 26 mars prochain. La présence – énigmatique – de Charlotte Rampling assure un regain d’intérêt pour cette suite qui vise le racolage et appuie le
sex appeal de sa star peu farouche.