Par - publié le 14 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 14 octobre 2009 à 11h21 - 0 commentaire(s)
Réalisé par Scott Sanders, Black Dynamite creuse le sillon nostalgique des projets Grindhouse, initiés par Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Black Dynamite (Michael Jai White, récemment vu dans The Dark Knight), un justicier impitoyable, venge son frère assassiné par un trafiquant d’alcools et de drogues, surnommé "L’Homme". A l’arrivée, il deviendra un héros du ghetto.



En pleine révolution des Black Panthers, un nouveau courant s’est mis en place avec suffisamment de violence, de sexe et de "bon mauvais goût" pour stimuler une époque. En fait, la blaxploitation est un genre des années 70 initié par Melvin Van Peebles avec Sweet Sweetback’s Baadasssss Song (1971). C’est la première fois dans l’Histoire qu’un black tue un flic blanc au cinéma. Le succès est si retentissant que les majors d’Hollywood découvrent une nouvelle manière de penser un cinéma subversif qui inverse les tendances, les archétypes et les courants. Progressivement, certaines déclinaisons ont fait des ravages dans les drive-in de l’époque. Parmi les standards, il faut distinguer Foxy Brown (Pam Grier est devenue une icône en incarnant le rôle-titre), Dolemite, The Black Gestapo, The Human Tornado, Wattstax, Superfly, Black Caesar (avec Fred Williamson et une bande-son signée James Brown) en passant par Shaft. A l’époque, les films de Blaxploitation étaient réalisés par des Blancs, produits par des Blancs ; ces conditions ayant poussé des associations afro-américaines à les fustiger et à entraîner leur disparition. Pourtant, ils avaient pour fonction de donner aux acteurs noirs d’autres rôles que ceux de violeurs ou de dealers, défendus ou traqués par un héros blanc. Historiquement, socialement, politiquement, on peut considérer ça comme un acte de rébellion.



Souvent, les films de blaxploitation traitent des abandonnés du rêve américain (prostituées, dealers, tueurs) et se situent dans le ghetto (dans la majorité des cas, un Harlem grouillant). Progressivement, le genre s’est étendu de manière exceptionnelle à travers des genres annexes : la pornographie, l’horreur et la comédie musicale. La mode a dépassé le stade purement cinématographique pour envahir la bande dessinée et la musique. Aujourd'hui, on conserve des traces de cette contre-culture : certains stéréotypes sont repris par des groupes musicaux et Tarantino l'a érigée en modèle dans Jackie Brown. Fasciné par des stars du genre comme Jim Brown, Fred Williamson et Jim Kelly, l’acteur Michael Jai White était en tournage en Bulgarie et il écoutait le morceau Super Bad de James Brown sur son Ipod. Il est retourné aux Etats-Unis et a commencé à approfondir un personnage de Blaxploitation en louant des vêtements de l’époque, en prenant des photos et en contactant Scott Sanders avec qui il avait envie de travailler depuis longtemps. Peu de temps après, ils tournent ensemble une fausse bande-annonce avec 500 dollars qu’ils agrémentent d’extraits de films Blaxploitation et la refilent à un ami, John Steingard qui l’a vendue à différents producteurs afin d’avoir le budget suffisant pour monter le film. Nicole Sullivan, Tommy Davidson, Brian McKnight, Salli Richardson Whitfield, Arsenio Hall, Byron Minns et Kym Whitley se sont joints à eux pour s’amuser dans ce pastiche référentiel, qui sortira en France au mois de septembre et sera certainement présenté au prochain festival américain de Deauville.
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