Nanti d’une réputation nauséabonde depuis sa présentation au dernier festival de Cannes (ce qui aurait poussé le réalisateur à le remonter), le redouté
Boarding Gate n’a non seulement rien de honteux mais, en plus, propose une expérience de cinéma intéressante où des acteurs singuliers se fondent à contre-courant dans la souffrance de leurs personnages. Olivier Assayas tient plus que tout à cette dimension organique et sensorielle. Le casting qui regroupe des comédiens au parcours solide est adéquat pour donner cette impression aérienne de malaise sourd et de décalage horaire provoquée par le brassage des nationalités. Un effet délicieux qui perdure d’un bout à l’autre. Comme si ce film qui souffle autant le froid que le chaud construisait une intrigue minimaliste dans l’urgence, vers une destination inconnue. Entre deux avions.