Par PitouWH - publié le 22 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 22 octobre 2009 à 12h37 - 6 commentaire(s)
Si vous ne pouvez pas voir un clown sans ressentir un léger frisson d'appréhension, une crainte teintée d'un sentiment de rejet instinctif et catégorique, alors il est plus que probable que, vous aussi, vous ayez découvert lors de votre jeune âge Ça. A l'origine roman en trois parties du maître de l'horreur Stephen King, celui-ci fut adapté comme nombre de ses ouvrages en un téléfilm conséquent de plus de trois heures, réalisé à l'orée des années 90 par Tommy Lee Wallace (un proche collaborateur du début de carrière de John Carpenter, pour lequel il a par exemple assuré le montage de Halloween, la nuit des masques et Fog et réalisé par la suite les séquelles de quelques-uns de ses films). Pourtant, loin d'être rébarbative, cette durée épique offrait au contraire la possibilité de développer comme il se doit une histoire passionnante, et cela même s'il est évident que ses créateurs durent couper certains éléments des 1500 pages du livre pour correspondre au format télévisuel, aussi bien sur le plan de la longueur que du politiquement correct. Il n'empêche que l'adaptation offrait une illustration assez réussie du roman où se mêlent avec une efficacité constante l'ensemble des thèmes et figures si chers à l'écrivain du Maine, le tout dans un entrelacement narratif temporel ne leur donnant que plus de force et de sens. Et puis, surtout, ça filait une frousse à n'en plus dormir paisiblement pendant une bonne semaine !


 

Pour tous ceux qui auraient donc eu la malchance de ne jamais croiser le chemin de ces usines à traumatismes que sont le livre de Stephen King ou le téléfilm de Tommy Lee Wallace, prenons un peu le temps de revenir sur leur intrigue. Tout commence ainsi en 1958 quand une bande de copains un peu marginaux, alors qu'ils auraient dû connaître un été de vacances comme tous les gamins de leur âge, vont se retrouver à affronter une menace surnaturelle. En effet, leur ville de Derry est la proie d'un croque-mitaine ayant traversé les âges sous la forme du clown Pennywise, s'en prenant aux enfants comme aux adultes pour "les emmener en bas, là où ils flottent tous". Ayant finalement réussi à le vaincre en ne cédant pas à leurs pires peurs, la bande se promet malgré tout de se retrouver ici au cas où le clown reviendrait dans l'avenir.
Mais quand, près de trente ans plus tard, Pennywise fait son retour dans la petite ville du Maine, les anciens enfants ne peuvent -ou ne veulent- se rappeler l'horreur qu'ils affrontèrent, et encore moins lui faire face de nouveau. Tenus malgré tout par leur promesse, ils se retrouvent à Derry où ils vont apprendre à leurs dépends que l'on ne peut fuir ni ses responsabilités, ni ses peurs les plus profondes...


Multi-rediffusé pendant longtemps sur M6, il n'était ainsi pas rare de tomber sur le téléfilm et, à chaque fois, de s'offrir une bonne séance d'angoisse grâce à l'interprétation du génial Tim Curry qui campait là avec le clown Pennywise son second monstre culte du bestiaire fantastique, après le majestueux Darkness de Legend (le Dr Frank-N-Furter de The Rocky Horror Picture Show ne compte pas, ce n'est pas un monstre mais juste un vampire travesti de l'espace, ce qui est différent). Un boogeyman dont le principe même est qu'il n'a pas d'apparence définie lorsqu'il attaque, les héros devant justement le débusquer dans sa tanière pour révéler son vrai visage et pouvoir ainsi le tuer pour de bon. Mais avant d'en arriver là, il se présente donc à ses victimes dans des rêveries éveillées où il prend l'apparence de ce qui leur fait le plus peur, et l'ensemble de ces peurs se cristallise alors la majorité du temps sous la forme du clown Pennywise qui s'impose par conséquent à nos esprits comme l'image d'Épinal de l'ensemble de nos angoisses communes. Autant dire que l'image du clown gentiment rigolard et maladroit en prit un sacré coup dans l'aile avec l'interprétation diabolique du comédien et le statut universel offert par le traitement de King et que, du statut d'amuseur public, la figure du saltimbanque peinturluré devint donc pour beaucoup de jeunes téléspectateurs l'expression d'un traumatisme profond. Une peur qui, avec un fonctionnement cyclique semblable à la légende entourant ce monstre psychanalytique, pourrait bien aujourd'hui revenir hanter la nouvelle génération des affamés de péloches horrifiques...


En effet, nous venons de l'apprendre, Warner Bros est actuellement en train de mettre sur pied une nouvelle adaptation de la nouvelle du King, destinée cette fois-ci aux salles obscures. Un projet qui traînerait apparemment sur leurs étagères depuis quelques temps déjà (les gens laissent traîner de ces trucs, des fois !) et pour lequel les choses auraient donc commencé à se mettre en place avec l'arrivée de nouveaux partenaires, à savoir les studios Lin Pictures (Terminator Renaissance, Sherlock Holmes) et Vertigo Entertainment (The Grudge, The Strangers). L'exercice va en tout cas être acrobatique pour faire tenir une intrigue si touffue sur la durée d'un long-métrage classique, et la tâche d'y parvenir incombera alors au scénariste récemment engagé Dave Kajganich, connu jusqu'ici pour avoir signé le script de Invasion. Il se fait donc une spécialité des remakes/adaptations puisque, en plus des deux projets déjà évoqués, il travaille aussi actuellement sur les nouvelles versions de Simetierre (également tiré de l'oeuvre de Stephen King) et de New York 1997. Mais il semble pour l'instant néanmoins bien parti pour se consacrer à Ça, plusieurs réunions ayant déjà eu lieu pour s'entretenir sur les modifications à apporter à l'histoire. Première information, dont nous nous serions doutés, l'histoire prendra place de nos jours et devrait à ce qu'il semble s'y cantonner sur la majorité du métrage, ce qui signifierait que toute la partie de l'enfance des héros pourrait n'être traitée que sous la forme de flashbacks ou pire, si nous extrapolons, d'une simple scène d'introduction.



Enfin, rien n'est encore fait pour l'instant puisque nous n'en sommes qu'au tout début du développement et il ne faut pas oublier que, comme d'habitude, nous ne sommes pas non plus à l'abri d'une bonne surprise. Attendons déjà de voir comment la chose va se développer, les noms qui vont s'y rattacher, parce qu'il faut bien dire aussi que la perspective de revoir Pennywise "le clown dansant" a quelque chose d'assez tentant. Et puis de toutes façons, même si cette nouvelle version a de très fortes chances de s'avérer être décevante en comparaison des oeuvres derrière lesquelles elle passe, celles-ci ayant sacrément marqué leurs publics respectifs (malgré les critiques qui lui sont faites par les fans du bouquin, le Ça de Tommy Lee Wallace est souvent considéré comme l'une des productions télévisuelles les plus terrifiantes jamais réalisées), ce n'est pas si grave puisque le roman de Stephen King aura encore une chance de se voir rendre les honneurs avec un téléfilm de quatre heures sur lequel travaille actuellement la chaîne Sci-Fi. Bon, force est d'avouer que nous sommes maintenant bien curieux de voir tout Ça !

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