Par - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 21h35 - 0 commentaire(s)
Le soleil brille sur la Croisette, on y croise le plus naturellement du monde des vedettes, Guillaume Canet et Marion Cotillard s’y promènent amoureusement, Charlotte Gainsbourg en frôle discrètement les planches, Gérard Jugnot discute activement du lancement de son prochain film sur le trottoir, Christophe Barratier la traverse rapidement, les frères Dardenne y font leur jogging tôt le matin après avoir y avoir dispensé une passionnante leçon de cinéma, Bérénice Béjo l’illumine de son généreux sourire et Paolo Sorrentino y goûte nonchalamment son séjour comme Président du jury d’Un certain regard, se mêlant quotidiennement à la foule des festivaliers. On y goûte une certaine sérénité après les violentes bousculades et houleuses altercations de ces derniers jours en attendant le quatrième film français de la compétition officielle qui sera présenté ce soir.



Il s’agit du quatrième long-métrage, après Les corps impatients, Une aventure et Quand j’étais chanteur du cinéaste Xavier Giannoli, intitulé A l'origine. Après avoir remporté la Palme d’or pour son court-métrage, L’interview, en 1999, il a déjà connu les honneurs de la compétition en 2006 avec Quand j'étais chanteur. Estimant que « faire du cinéma c’est interroger l’époque à travers des histoires de sentiments », Xavier Giannoli adapte ici un fait divers survenu il y a près d’une dizaine d’années, l’histoire d’un escroc réussissant à duper toute une région en se faisant passer pour le maître d’œuvre d’un tronçon d’autoroute, un subterfuge volant en éclat lorsqu’il s’éprend d’une jeune femme dont la présence le fragilise. Il retrouve pour ce film Gérard Depardieu, dont il avait su saisir l’immense sensibilité dans Quand j'étais chanteur, qui donnera la réplique à Emmanuelle Devos et François Cluzet.

Second film en compétition ce soir, Le ruban blanc, le film qui risque de faire chavirer notre Présidente, proche de l’univers de Michael Haneke, grand habitué du Festival, salué par le Grand Prix du Jury en 2001 pour La pianiste, Isabelle Huppert et Benoit Magimel recevant tous les deux pour leur prestation les prix d'interprétation, puis par le prix de la mise en scène pour Caché en 2005. Un film qui pourrait provoquer un émoi général ce soir, centré sur des tortures infligées cruellement sous forme de rituels punitifs aux enfants d’une chorale.



Pen-Ek Ratanaruang défendra les couleurs de son nouveau film, Nang Mai (La Nymphe), dans le cadre d’Un certain Regard. Ploy avait déjà été sélectionné en 2007 pour la Quinzaine des réalisateurs. Le réalisateur thaïlandais s’impose comme l’un des maîtres de fil du cinéma asiatique, l’un des plus intéressants de son époque, un réalisateur sachant prendre des risques, jonglant sur la variété des genres, passant du thriller avec Vagues invisibles au drame érotique avec Ploy. Il se tourne aujourd’hui vers le fantastique.

La séance de minuit s’ouvrira ce soir sur le grand retour de Sam Raimi, revenant après Spider-man 3 à ses premières aspirations, au film d’horreur dans ce qu’il a de plus classique. Les fans sont donc avides de découvrir ce nouveau film du cinéaste américain qui prépare déjà parallèlement une nouvelle version du film ayant propulsé sa carrière, Evil Dead.



Quelques mots pour finir sur le film de Cherien Davis, Ameeka, une première œuvre assez puissante sélectionnée par la Quinzaine des réalisateurs, l’histoire d’une femme quittant la Palestine avec son fils pour se rendre aux Etats-Unis, espérant y mener une nouvelle vie. .Un récit très bien mené, s’arrêtant sur une forme de racisme quotidien rongeant l’Amérique depuis le 11 septembre, puis se transformant en une comédie familiale et légère proche du film de Thomas McCarthy, The Visitor. I Love you Phillip Morris de Glenn Ficarra et John Requa se révèle être également une bonne surprise, débordante d’énergie.

Je vous laisse, je délaisse les salles obscures ce soir, je cours, Brad Pitt m’attend, tapis rouge, photographes, paillettes, le rêve cannois dans toute sa splendeur, l’espoir de saisir le sourire d’un acteur au jeu savoureux.
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