Le réalisateur danois Lars Von Trier a réalisé son ultime provocation à Cannes et risque au final plus de voir sanctionner son film Melancholia.

Par - publié le 20 mai 2011 à 10h30 ,
MAJ le 20 mai 2011 à 11h27 - 3 commentaire(s)

La provocation c'est une seconde nature chez Lars Von Trier. Le cinéaste danois en use régulièrement mais en a cette fois abusé et cela lui coûte ses venues à Cannes où il était pourtant l'un des plus fidèles. Mais les propos tenus sur sa prétendue « sympathie » envers Hitler et ses déclarations sur Israël lui ont valu jeudi de devenir « persona non grata » au Festival de Cannes. Comme le précisent les organisateurs, c'est l'homme qui est sanctionné mais pas son œuvre. Mais on voit mal comment Melancholia, pourtant très apprécié et parmi les favoris de la compétition, pourrait figurer au palmarès. Sur ce plan, il faudra bien évidemment attendre la décision du jury dimanche soir.

Melancholia de Lars Von Trier
Les excuses de Lars Von Trier, mercredi après-midi, quelques heures après la conférence de presse du film Melancholia n'auront pas suffi et devant la polémique qui enflait, Gilles Jacob, qui a pourtant accueilli le cinéaste et toute son équipe mercfredi soir en haut des marches, convoque le lendemain, un conseil d'administration qui prend la décision d'exclure le réalisateur danois. Bani, il se réfugie à Mougins où il poursuit la promotion de son film mais sans dire mot de la polémique. Ce n'est que plus tard qu'il renouvelle ses excuses dans un entretien à la chaîne de télévision danoise TV2 News : « je fais des excuses, je le répète, et je n'ai voulu blesser personne. Mais moi c'est moi, je ne peux changer ma manière d'être ».


S'il s'excuse, Lars Von Trier n'en oublie pas moins son goût pour la provocation. Selon le site en ligne du quotidien danois Ekstra Bladet, le cinéaste se serait dit « fier d'avoir été déclaré persona non grata ». « C'est peut-être la première fois dans l'histoire du cinéma que cela se produit », aurait-il poursuivi. On ne va pas à l'encontre de sa nature, en témoigne le mot FUCK tatoué sur ses phalanges et qu'il s'est plu à mettre en avant lors du photo-call mercredi matin.
Du côté de la direction du Festival, entre la colère et le devoir de sanction, c'est l'incompréhension et la consternation qui dominent. Thierry Frémaux constate que « c'est une de ces provocations auxquelles il nous a habitués » et que cela est d'autant plus incompréhensible que « la femme de Lars Von Trier est de confession juive et ses enfants sont de confession juive ».


Que reste-t-il de cette affaire ? Un réalisateur provocateur à l'image terni et qui ne pourra plus jamais se présenter et montrer ses films. Mais surtout, c'est Melancholia, son film en compétition cette année au 64e Festival de Cannes qui risque de pâtir le plus car si les qualités purement cinématographiques du réalisateur danois ne sont pas remises en cause dans tout ça, il est indéniable que cela nuit à l'œuvre. Dès lors le film risque fort d'être perçu dans l'opinion, en prenant un raccourci certes facile mais tellement évident, comme celui d'un provocateur, adorateur des nazis et d'Hitler.

 

> Lire aussi la Critique Melancholia

 


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