Par Alfred Tomasi - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 12 octobre 2009 à 10h56 - 3 commentaire(s)
La cérémonie s’ouvrant sur un discours susurré et discret de Charlotte Gainsbourg, un laïus interminable peu enthousiasmant qui vient donner le La d’une soirée sans grands ressorts, il faudra attendre la présence d’Antoine Decaunes pour réveiller tout ce petit monde... Et encore. Sa première prestation en demi-teinte, une parodie approximative de Chantons sous la pluie avec une voix empruntée à Daft Punk (ça fait rire ma mère et Emma Thompson...) ne fait pas exploser le public qui reste bien sage, assis, en attendant que tout cela se termine. Entamer la nuit des César en rendant hommage au cinéma américain... Il fallait oser. Bref, l’ouverture n’est pas des plus festives mais le bal commence !



C’est donc Elsa Zylberstein qui entame le défilé avec un premier prix pour Il y a longtemps que je t’aime... La comédienne est bouleversée par ce prix du Meilleur second rôle au point de paraître presque irritante. On les connaît les comédiennes qui pleurent sur commande. Félicitations tout de même à l’actrice et au film qui repart également avec le prix du Meilleur premier film. Félicitations également au Premier Jour du reste de ta vie (l’un des chouchous de la rédac’) qui repart avec trois prix : Meilleur espoir féminin pour Déborah François, Meilleur espoir masculin pour Marc-André Grondin et Meilleur montage (amplement merité). On aurait aimé que Rémi Bezançon puisse profiter d’un joli César du meilleur scénario pour faire joli sur la cheminée mais ce sera certainement pour la prochaine fois ! On y croit Rémi...



Valse avec Bachir crée la surprise générale en remportant le prix du meilleur film étranger. Sean Penn est donc venu pour rien (il aura tout de même fait sa promo d’Harvey Milk) puisque son Into The Wild se fait voler la vedette ! Tout comme There Will be blood ou Two Lovers, des films qui sont certainement bien plus réussis qu’une Valse avec Bachir un brin sur-estimée (avis purement personnel...). Bref, faudra m’expliquer. Jean-Paul Roussillon, né en 1931, remporte le premier César de sa vie mais n’est pas là pour le récupérer... On rate donc l’occasion d’être un peu ému. On se rattrapera plus tard avec la prestation toute en simplicité de Vincent Cassel (blague) qui fera claquer le prénom de Monica sur sa langue (c’est le coup de fouet qui rend tout le monde nerveux... Oui, ça va on sait !) en remportant son prix du Meilleur acteur. Mesrine, qui n’en est pas à son premier braquage, repartira également avec le prix du Meilleur réalisateur et du Meilleur son ! Un petit holdup quand on sait que le film partait favori. On félicite Jean-François Richet, un cinéaste atypique et sortant du lot qui a fait un bon bout de chemin avant d’en arriver là.




Florence Foresti débarque et déride tout ce petit monde... Qu’on l’aime ou pas, le petit bout de femme qui dévoile ici une superbe paire de jambes vient remettre le prix du Meilleur scénario adapté dans la bonne humeur générale. Elle fait tout de même sortir Sean Penn de sa torpeur et de son oreillette et emballe tout le public après un petit sketch bien écrit et bien mené ! C’est toujours mieux que la prestation très en retrait de Decaunes qui se la joue Frère sourire et les interventions foireuses de quelques saltimbanques en manque de reconnaissance... On notera néanmoins la réclame de Carole Bouquet pour Pilodent. Un moment de grâce ! C’est donc Entre les murs, la Palme d’Or 2008, qui est salué pour son travail d’adaptation du livre de François Bégaudeau (absent... ZUT !). Entre quelques César techniques, Meilleurs costumes pour Séraphine (et de un), Meilleure photo pour Séraphine (et de deux), Meilleurs décors pour Séraphine (trois petits chats...), Séraphine remporte également le prix du Meilleur scénario original ainsi que la Meilleure Musique. Donc voilà, ça c’est fait, plus personne n’est vraiment en course, Séraphine s’est donc transformé en Mesrine et réalise le gros coup de la soirée : un holdup super organisé qui fait tomber des lingots d’or.



On fait néanmoins une petite pause avec le César d’honneur (l’année dernière Will Smith faisait honneur de sa présence au Théâtre du Chatelêt, cette année Dakota Fanning venait récupér... ah non ! Pardon, ça c’est pour l’année prochaine) remis à Dustin Hoffman. Profitant de la présence du duo Thompson/Hoffman pour la promo du film Last Chance for love (c’est l’attachée de presse qui devait être contente hier soir), les César ont demandé à l’actrice anglaise de faire part de son expérience avec l’acteur avec qui elle avait également tourné dans Harold Crick. Emma irradie la scène dès son apparition et nous offre une prestation spectaculaire et émouvante venant nous rappeler de manière assez claire qu’on est tout de même super ennuyeux, nous , les frenchies ! Voilà, leçon retenue pour l’année suivante : ce sont les anglo-saxons qui mettent le feu... Ou Julie Ferrier aussi. La comédienne, venue remettre le prix du Meilleur court-métrage rend hilare tout le public et se fait remettre un sein dans le corsage par Emma Thompson (elle est décidément super sympa, Emma... C’est l’attachée de presse qui doit être contente). C’est Les Miettes qui remporte le prix !



On continue avec le meilleur documentaire qu’Agnès Varda, trèèèèèès joliment coiffée, remporte sans grande surprise pour Les plages d’Agnès puis on passe du coté de la Meilleure Actrice avec Yolande Moreau qui nous avait réservé un petit discours sympathique très axé Super U et Monoprix... On apprécie. Puis, Last but not least, le Meilleur film est remis à ... Séraphine (on le sentait venir) qui repart donc avec sept petites compressions dorées sur neuf nominations. La soirée se termine (ce n’est pas plus mal) et on se dit, une fois de plus, qu’il faudrait donner un bon coup de boost à cette cérémonie. Parce que là... franchement. Bon, on dit ça tous les ans en même temps ! A l’année prochaine alors...
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