Par Laëtitia Sodoyer - publié le 04 juin 2003 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 16h59 - 25 commentaire(s)
Sorti aujourd'hui dans les salles, Kaena La Prophétie premier film français en images de synthèses, à nécessité sept ans de gestation avant enfin de pouvoir arriver sur les écrans. Entretien avec son réalisateur Chris Delaporte, issu du monde du jeu vidéo.


On peut dire que votre parcours est pour le moins inhabituel…
En effet, j’ai commencé à faire des graffitis sur les murs, avant de me mettre à la peinture. A l’époque, comme je vendais un peu mon travail, je me suis acheté un ordinateur et j’ai commencé à faire de la 3D et à travailler chez moi. J’ai très vite travaillé sur Heart of Darkness, en 1993 si mes souvenirs sont bons, deux ans et demi durant. Sur ce projet de jeu colossal, on avait programmé une demi-heure de scènes cinématiques 3D qu’on avait présentée à Los Angeles (E3). Les gars d’Hollywood étaient scotchés, beaucoup souhaitaient travailler avec moi : on s’est retrouvé avec le boss de Disney qui disait : "il faut qu’on fasse un film", le boss d’Universal : "On va faire un film", et Spielberg : "Je veux travailler avec vous" ! Malheureusement, j’étais un peu greffé au projet et ses vrais décisionnaires ont refusé chaque proposition pour terminer le jeu... De mon côté, comme la partie graphique était terminée, j’étais un peu déçu de quitter une aventure aussi passionnante… C’était un peu fou d’avoir refusé de travailler avec Spielberg !

C’est ensuite qu’a commencé l’aventure Kaena ? Comment y êtes-vous venu ?
Dès que je suis rentré sur Paris, on a commencé à travailler sur le projet avec les américains. Á l’origine, Kaena portait un autre nom : la consonance, " Kaena", ressemblait trop à celle de gynaecologist (gynécologue), et on avait finalement opté pour Axis du nom de l’arbre… Pour Kaena, j’avais surtout envie d’un univers original. En tout cas, je ne voulais pas vraiment d’un univers SF métallique mais plutôt végétal - peut-être est-ce dû à mes origines ! - d’où l’idée de l’arbre. Je me sentais à l’aise dans cet univers là… Quant au scénario, je l’ai coécrit avec Tarik Hamdine (scénariste). Il en avait écrit une première version sur la base d’un synopsis que j’avais préparé avec Patrick Daher. On a ensuite peaufiné d’autres versions, la première mouture n’étant pas la bonne.



On ne peut pas dire que le projet fût simple à monter…
C’était très compliqué en effet parce qu’au départ on avait un problème de budget. Á l’époque, il nous fallait 14 millions de francs. On était parti pour un spécial TV et on a réalisé 1mn30 d’animation diffusées au MIP. On nous a alors proposé de réaliser un long métrage avec 4 millions de francs de plus... Au final, le film a coûté 14 millions d’euros ! Il faut dire que l’ambition graphique de l’époque n’était pas la même que celle d’aujourd’hui. Le film a donc coûté plus cher…

Pour réaliser Kaena, avec quels outils avez-vous travaillé ?
On a essentiellement travaillé sur 3DSMAX. C’est un univers qui nous était communément familier puisque nous travaillions dans le jeu vidéo à l’époque. On a récupéré beaucoup de gens dans cette industrie qui connaissaient les logiciels, des gens pointus, pas forcément des stars. On n’a pas du tout développé d’outil pour l’image… Il faut dire que Kaena, à l’origine, était un jeu vidéo : après HOD, on s’était naturellement penché sur un autre projet jeu… en espérant recroiser Spielberg pour une nouvelle proposition de long métrage ! Concernant le style graphique, on ne voulait pas faire de l’hyperréalisme, ni d'avantage verser dans le cartoon : on a donc opté pour un style semi réaliste, et beaucoup travaillé avec les designers pour parvenir à ce compromis. Au final, le design est à la fois suffisamment réaliste pour susciter l’émotion, et pas trop réaliste pour que ça ne devienne pas une caricature froide de la réalité…



Quels sont vos Projets avec Xilam ?
L’écriture de Kaena 2 est en cours avec Xilam : elle dépendra ensuite du succès du 1er. Le jeu vidéo sortira quant à lui à la rentrée. Ce sera un jeu du style Onimusha, franchement action, avec une adaptation BD envisageable. Personnellement, j’ai d'autres projets mais toujours dans le long métrage et la 3D. Avec la 3D c’est plus facile d’emmener les gens dans des mondes fous et imaginaires…

Kaena la prophétie, sortie dans les salles aujourd'hui
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