Par - publié le 24 janvier 2008 à 12h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h39 - 0 commentaire(s)
Mocktar Dicko, un paysan nigérien, vient chercher du travail à Essakane, une mine d'or au nord-est du Burkina Faso. Dans cette prison aux barreaux de vent et de poussière, il espère oublier un passé qui le hante. Quête identitaire au cœur de l’âme humaine.


REVES DE POUSSIERE
Un film de Laurent Salgues
Avec Makena Diop, Rasmané Ouedraogo
Durée : 1h26
Sortie France : 30 Janvier 2008

Rêves de poussière porte extrêmement bien son titre. Parce qu’il traite de «rêve» - on pourrait presque ajouter le mot «utopie» – et dépeint un monde de «poussière». Mais aussi pour l’impression dense qu’il génère. Des semaines après l’avoir vu, cet objet étrange reste avec persistance dans un coin du cerveau et fascine sans que l’on sache précisément pourquoi. C’est loin d’être un défaut mais cette impression peut justifier l’impression d’insatisfaction qui nous cueille à la sortie de la projection devant un film qui a tendance à favoriser l’atmosphère au détriment de la narration – épurée mais un peu creuse. Idéalement, l’action se déroule dans une mine artisanale poussiéreuse et désertique du Burkina Faso qui représente pour tout ceux qui la fréquentent un moyen d’oublier le passé et donc d’espérer un avenir plus clément. Parmi eux, un jeune nigérien peu loquace qui débarque tel un étranger mystérieux. On ne sait pas d’où il vient, on ne sait pas ce qu’il veut, on sait juste qu’il cache quelque chose.


A la lisière du documentaire (d’où l’attention extrême portée aux regards, aux gestes, aux faits), le film, lorsqu’il déborde sur la fiction, présente des personnages uniformément paumés dans une atmosphère cotonneuse propre aux limbes. Non pas pour dénicher des trésors sardanapalesques mais peut-être bien se rabibocher avec eux-mêmes. Débarrassé des enjeux de la psychologie, le réalisateur Laurent Salgues utilise le mythe de l’El Dorado en conférant une dimension humaine et en accentuant le ressenti. S’il ne représente pas le meilleur du cinéma africain, s’il s’englue dans de fausses pistes et manque un tantinet de «nocturne indien» pour provoquer une empathie totale avec le personnage principal (trop de mystère tue le mystère), Rêves de poussière peut séduire tout ceux qui rêvent d’images d’ailleurs.
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