Claude Chabrol était un cinéaste apprécié de tous. Disparu dimanche à l'âge de 80 ans, voici un tour d'horizon des principales réactions.
- Isabelle Huppert, sur France Info
"Il a représenté mes débuts, en tout cas mes quasi-débuts particulièrement significatifs et un futur qui n'en est désormais plus un, on se serait rencontrés encore beaucoup de fois, je pense". "De film en film j'étais devenue une sorte de double de lui, de sa pensée, de ce qu'il avait envie d'exprimer, il ne me l'a jamais demandé plus clairement qu'en me redemandant à chaque fois de faire des films pour lui". "Il avait en lui un mélange de froideur, souvent de drôlerie, une qualité d'observation". "Il m'a filmée un peu comme si j'étais sa fille, il ne m'a pas filmée comme un objet de désir, ce qui façonne parfois une relation entre un metteur en scène et son actrice"
- Gérard Depardieu, qui tenait le rôle principal du dernier film de Claude Chabrol, Bellamy, sur RTL :
"Claude était la joie de vivre même, je n'arrive pas à imaginer qu'il soit parti, à aucun moment il ne parlait de la mort (...) Il avait cet amour de la nourriture, du partage, cet esprit drôle, il avait tout, il avait l'histoire du cinéma, la passion, il avait aussi l'enfance, il a le rire, il aussi le plaisir". "Pour moi il ne répond pas au téléphone, mais j'aime à dire qu'il est là qu'il est présent partout."
- Clovis Cornillac, qui jouait dans Bellamy, sur France 3
"J'ai l'impression que l'on perd au-delà d'un réalisateur qui a sacrément compté, surtout un camarade, un très très bon camarade (...) un érudit, rigolo, pointu, qui à mon avis, pour tous ceux qui l'on croisé, ça compte, ça laisse pas indifférent."
- Claude Lelouch, sur RTL :
"Je fête mes 50 ans de cinéma, et pendant 50 ans Chabrol et moi on a voyagé côte à côte, il y'avait toujours un film de Chabrol quand je sortait un film, on a été à la fois amis et concurrents. Pour moi, c'est l'aventure de la Nouvelle Vague. (...) Il représente à la fois une révolution et une tradition. Une fois qu'il a été consacré, il est revenu à un cinéma de tradition et c'est tout à son honneur, il a peut-être fait ses plus beaux films quand il respectait les comédiens et surtout les histoires."
- Jean-Pierre Mocky, sur LCI :
"On a traversé cette vie, c'est-à-dire près de 60 ans. On se voyait de temps en temps. On disait jamais de mal l'un de l'autre. C'était une espèce d'amitié réciproque. Ca me fait beaucoup de peine, car lui, il avait du talent."
- François Berléand, sur LCI :
Claude Chabrol était "un amoureux de la vie (...) fou de son métier. Pour moi c'est une grande perte."
- Véronique Cayla, présidente du Centre national du cinéma (CNC), dans un communiqué :
"Cinéaste inclassable et iconoclaste de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol était un observateur acéré et grincant de la bourgeoisie provinciale, de ses secrets de famille et de ses tabous inavouables, inlassable contempteur de ses vanités et de ses hypocrisies (...) Je veux rendre hommage à l'un des réalisateurs français les plus populaires et les plus attachants, homme malicieux et espiègle, gourmand de tout, dont l'extrême lucidité ne cachait pas l'immense tendresse."

- Nicolas Sarkozy, dans un discours :
"Claude Chabrol était un grand auteur et un grand cinéaste. Il tenait de Balzac pour la finesse de sa peinture sociale. Il tenait de Rabelais pour son humour et sûrement aussi pour sa truculence, mais il était surtout lui-même dans ses films comme dans sa vie. Et je suis certain qu'il manquera beaucoup à chacun."
- François Fillon, Premier ministre, dans un communiqué :
Claude Chabrol, "l'une des grandes figures de la Nouvelle vague, qui révolutionna le style et les techniques du cinéma et inventa l'image du vécu, du vrai, de l'indiscret et du subtil"."Et Chabrol était un grand subtil. Son humour, son intelligence de la vie lui permettaient de démonter avec maestria nos moeurs, nos passions, nos conformismes, les drames enfouis dans les familles."
- Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, dans un communiqué :
"Claude Chabrol était l'une des personnalités les plus fortes du cinéma français. Il y a maintenant plus de cinquante ans, ses articles des Cahiers du cinéma et son premier film, Le beau Serge, l'imposèrent comme l'une des figures de proue de la nouvelle vague et du souffle prodigieux qu'elle fit passer dans le cinéma français (...). Analyste subtil, drôle et féroce de la société et de ses travers, doué d'un regard à la fois malicieux et foudroyant, il était l'anticonformiste par excellence, un maître de l'ironie. Chacun de ses films jusqu'aux plus récents, marqués par une extraordinaire jeunesse et une absolue
liberté de ton, était une surprise, une découverte déroutante, comme une nouvelle vague."
- Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, dans un communiqué :
L'UMP "salue la mémoire de cet immense cinéaste qui savait si bien mettre en avant ses acteurs. Sa sensibilité lui permettait de nous offrir en tant qu'acteur un jeu particulièrement touchant et, en tant que réalisateur, une peinture authentique de nos provinces qui aura marqué pour toujours le cinéma français."
- Martine Aubry, première secrétaire du PS, dans un communiqué :
"Le cinéma français tout entier et la France perdent l'un de leurs géants. Chabrol faisait partie de mon quotidien comme de celui de beaucoup de Français: on attendait chaque année le Chabrol comme la promesse de poursuivre cette discussion avec ‘le' cinéma."
- Jack Lang, ancien ministre de la Culture et de la Communication , dans un communiqué :
"Claude Chabrol était le symbole même de la vie. Il la dévorait avec passion et ses films expriment cette énergie vitale (...) Sans avoir jamais cherché à l'être, il était objectivement l'une des plus brillantes et truculentes incarnations du cinéma français".
- Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, dans un communiqué :
"Avec lui disparaît l'inventeur d'un cinéma inspiré, foisonnant et profondément humain (...) A travers Madame Bovary, Landru ou encore La Cérémonie, Claude Chabrol a produit une œuvre immense, particulièrement originale, qui se dresse aujourd'hui comme un monument du cinéma français"
- Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, dans un communiqué :
"Touche à tout de génie et réalisateur prolifique, il alliait admirablement l'exigence artistique et populaire. Que ce soit avec humour ou gravité, il traquait le vice, la bêtise, le mensonge, particulièrement quand la bourgeoisie qu'il détestait les camouflait derrière une hypocrisie de mauvais aloi."
- Jean-Marie Le Pen, président du FN: "J'éprouve une grande tristesse (...). La vie nous avait séparés mais je gardais, et lui aussi je crois, un souvenir attendri de nos années de jeunesse. Claude avait été membre du Comité de la Corpo de droit que je présidais. Il était déjà fou de cinéma et nous entraînait, au détriment de nos cours de droit, tous les matins au cinéma "Le Paris" pour voir les films qui allaient sortir et dont nous discutions à perte de vue à la sortie."
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