Hier soir, s’est clos à La Pagode, le premier Festival du Cinéma Vietnamien de Paris et la surprise était encore au rendez-vous avec une salle de nouveau bondée et une programmation une nouvelle fois surprenante avec
Vivre dans la peur. Ainsi donc ce sont achevés ces trois jours dédiés à la découverte de ce cinéma rarement distribué par chez nous et qui mérite d’être vu et davantage connu.

Première conclusion à tirer de cette manifestation, tout d’abord son succès d’estime et la disponibilité totale de la délégation ministérielle présente. Deuxième leçon à tirer de cet événement pourtant confidentiel et voulu comme tel dans le cadre de la Semaine de la Culture Vietnamienne en France, le cinéma Vietnamien existe et surtout, il prospère. De moins en moins encadré et financé par l’Etat, il fait de plus en plus régulièrement appel à des sociétés étrangères revoyant de fait profondément son schéma socialiste et exclusivement étatique de développement. Si ce gage d’ouverture promet il reste néanmoins des choses à parfaire. En effet, ce dernier présente un certain retard dans ses structures de production et de distribution notamment dans les liens qu’ils entretiennent avec l’extérieur. Ensuite, des progrès seraient plus que souhaitables et arriveront nécessairement dans les thématiques qu’il explore et plus encore dans son rapport à la forme, trop « théâtralisante» et exemplaire. Toutefois, on notera au vu des propos tenus par la responsable du Centre National du Cinéma Vietnamien, Mme Nguyen Thi Hong Thai., que le volontarisme étatique affiché semble augurer d’un rattrapage à venir et d’efforts du moins faits dans ce sens.
Afin d’affirmer l’identité Vietnamienne par un cinéma ouvert et pourtant profondément national, l’ensemble des acteurs semble parti en effet pour inscrire avec force et entrain, le cinéma Vietnamien dans le paysage si riche de l’Asie cinématographique. Dès lors, on ne peut que souhaiter une seconde et prochaine édition du Festival avec une programmation plus étendue et plus encore que cela, une distribution française plus investie, qui oserait suivre et programmer ce cinéma différent dans nos salles.
De cette manifestation, on retiendra donc le plaisir de la rencontre, la surprise souvent déconcertante que fut la découverte de films vietnamiens récents et les promesses d’un avenir cinématographique moins formaliste et édifiant qui traiterait avec une plus grande modernité, du Vietnam d’aujourd’hui. Nous reviendrons dans les jours à venir sur la programmation qui fut présentée et sur les entretiens qui nous furent accordés.

A l’occasion de cet article, nous remercions pour leur pleine collaboration et leur écoute, l’ensemble de la Délégation Vietnamienne du Ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme de la République socialiste du Vietnam et principalement Mme Thaï et Mme Pham Ngoc Diep, notre traductrice. De même, nous remercions vivement la Pagode, sa propriétaire et son personnel pour leur accueil chaleureux ainsi que Richard Vagnon et Alban d'Abbadie de Barrau, responsables de R+D Creativision pour leur disponibilité constante et amicale et Mathilde Declerc et Florent Campana pour leur aide précieuse.