C'est l'un des projets les plus excitants d'Hollywood mais également l'un des plus redoutés : le grand retour de
Conan, le barbare au cinéma. Depuis, des rumeurs et des projets périphériques surabondent.
Conan le barbare a toujours été considéré comme le parangon d'un genre (film de barbare), tombé en désuétude et inhumé avec les problèmes de John McTiernan sur
Le 13ème Guerrier. Depuis quelques temps, tout change. Comme le western qui subit aujourd'hui de multiples déclinaisons (ça va de
Brokeback Mountain à
Open Range en passant par
Trois enterrements ou même le récent
Requiem for Billy the Kid), le genre barbare revient à la mode puisque de nombreux films veulent le poursuivre et le creuser pour en exploiter toutes les possibilités. A l'origine, il y a certes un classique:
Conan le Barbare, une ode à l'ascension, à l'évolution et aux douloureux échelons à gravir pour passer de l'orphelin au voleur, du voleur au guerrier et du guerrier au despote à la place du despote. C'est une métaphore sur la recherche du père. Taillé comme le roc (il a été forgé tel une épée mais il devient solide comme l'acier), le jeune Arnold Schwarzenegger qu'on jurerait préconçu pour le rôle parvenait dans son espèce d'irréalisme physique à matérialiser devant une caméra une prestance propre à l'Heroïc Fantasy littéraire. Avec un certain don, John Milius parvenait à insuffler à son film cette ambiance si particulière des romans mais aussi des jeux de plateaux, des cartes à jouer et autres simulacres en explosant en creux les frontières du péplum à travers des combats d'une sauvagerie palpable et d'un bestiaire aussi divers qu'impressionnant. Au bout de la chaîne, il pouvait y avoir une trilogie (il y a eu un second volet, plutôt raté, pourtant signé Richard Fleisher). Certains parlaient déjà d'un retour possible de Schwarzenegger.

Seulement, la Warner a décidé de revenir aux sources de la saga pour livrer une nouvelle version de
Conan, le barbare. On oublie les fantasmes d'un
King Conan : Crown of Iron. Ou pas car ça n'a pas été annulé pour autant. Ce projet qui remonte à 2000 a vu moult patronymes défiler (Wacho bros, Rodriguez...) mais c'en devient plus dantesque que de mettre en chantier la suite de
Basic Instinct. Au grand dams de Milius, la Warner vient en effet d'engager un nouveau scénariste : Boaz Yakin, fan des récits de Robert E. Howard et aficionado du guerrier cimmérien, cinéaste auquel on doit le très estimable
Fresh ainsi que
Le plus beau des combats et scénariste de
La Relève de Clint Eastwood et
Le Punisher (on passera sous silence sa participation à
Dirty Dancing 2). La Warner aurait paraît-il été très impressionné par son travail. Le tournage du film devrait débuter dés le debut 2007.
Mieux vaut prendre son mal en patience en attendant le film d'animation produit par Swordplay Entertainment et Paradox Entertainement auquel les excellents Ron Perlman et Mark Hamill prêteront leur voix. Mais il y a mieux :
Pathfinder, de Marcus Nispel, formaliste barré à qui on doit le remake de
Massacre à la tronçonneuse, pourrait bien être capable de donner un souffle nouveau au genre.
L'histoire s'articule autour d'un jeune Viking qui est laissé pour mort par son clan après une bataille contre les Natifs Américains. Ces derniers recueillent le jeune garçon qui apprend à vivre aux côtés de ses ennemis. Une fois adulte et complètement adopté par son nouveau peuple, il le défendra contre les nouvelles attaquent des vikings. Le film sortira le 16 juin aux Etats-Unis et le 25 octobre 2006 dans l'Hexagone. Et même, dans un genre voisin :
300, comic éponyme de Frank Miller, qui est adapté au cinéma par Zack Snyder, réal de
L’armée des morts. Adaptation de Miller oblige (on l’attend également pour les adaptations de
Sin City 2 – qui comprendra deux nouveaux tomes – et Hard Boiled), le concept sera le même que
Sin City, avec toutefois quelques différences notables (comme Robert Rodriguez a fait pour
Sin City, c'est à dire proche du concept : une case, un plan le plus proche possible du dessin et de sa construction plastique).
Le budget alloué est fixé à 60 millions de dollars. Le casting s'avère composé de bras lourds baraqués : David Wenham, Dominic West, Vincent Regan, Rodrigo Santoro et Lena Headey. Tyler Bates, qui avait superbement orchestré les déambulations zombies, s’occupera de la bande-son. Conan peut être fier de ses ouailles.