Lorsque le cinéma asiatique se pique de reprendre les leçons éprouvées d’Hollywood, cela donne
Connected, le dernier film de Benny Chan et remake de
Cellular, film signé en 2004 par Daniel Ellis. Reste à savoir si le résultat est à la hauteur des nombreuses entrées récoltées en salles pour un budget cinq fois moindre.
CONNECTEDTitre original :
保持通话 et
Bo Chi Tung WahUn film de Benny Chan
Avec Louis Koo Tin Lok, Lau Yip, Nick Cheung Ka Fai, Barbie Hsu Hsi Yuan, Gong Bei Bi, Flora Chan Wai Shan, Eddie Cheung Siu Fai
Durée: 1h50
Sortie à Hong Kong le 25 septembre 2008
Une histoire moderne et speedéePartant d’un principe simple – tout le monde a un portable –
Connected bâtit son récit sur un suspense qui concerne chaque utilisateur de cellulaire de par le monde. Et pour se faire, l’auteur d’
Invisible Target se décide de raconter comment un quidam peut se retrouver impliqué dans une affaire de kidnapping et de séquestration hors norme, en ayant simplement décroché son téléphone. En effet, à Hong Kong, Une jeune ingénieure enlevée pour des motifs inconnus réussit à avoir accès à des branchements téléphoniques et parvient à joindre un numéro au hasard. De fait, va-t-elle engager dans cette sombre histoire, le pauvre hère qui aura simplement décroché. Incrédule puis franchement paniqué, l’homme n’a dès lors plus d’autre choix que d’agir et de tout faire pour la sauver… Avec une histoire riche de retournements possibles et surtout porteuse de sens pour tous – l’immixtion du hasard et de ses dangers -,
Connected impose donc d’emblée un parti pris scénaristique aussi déroutant que profondément moderne et astucieux. Et ce n’est pas le moindre de ses attraits. Car un tel potentiel scénaristique ne peut exister que si la mise en forme et l’interprétation qui l’accompagnent vont de paire. Et avec Benny Chan, on n’est plus que rassuré. Au point de goûter avec une étonnante délectation chaque moment fort du film et sa progression. Quand on se souvient de l’original américain et de son traitement, on ne peut que l’en féliciter.
Une mise en scène inspirée et spectaculaireIl est un autre point qu’il faut relever lorsque l’on découvre
Connected, c’est sa capacité à séduire par les plans et séquences qu’il propose. Ici, point de longs plans séquence ou de remarquables exercices de mise en scène : tout est affaire d’efficacité et d’impact. Et c’est avec une certaine maestria que Benny Chan nous en met plein la vue. Tout d’abord, il nous amène dans les nouveaux territoires hongkongais, parmi ceux que Johnnie To avait explorés avec Exilés et
Triangle. Ainsi, nous offre-t-il avec une photographie étincelante et grandiose, des compositions plastiques sublimes de territoires vierges avec la ville en arrière plan ou d’étendues urbaines jamais vues auparavant. Mais surtout, ce qui impressionne, c’est l’extrême qualité des scènes d’action offertes : entre le gunfight final dans les toilettes, dur et sec, et la scène où une voiture traverse une remorque ! De fait, beau à voir, dramatique à souhait et spectaculaire comme on l’aime,
Connected séduit et profite à plein de son casting. Car il faut admettre également que ce n’est pas le moindre de ses mérites dans la mesure où une telle histoire ne peut tenir qu’en profitant d’une interprétation sans faille.
In fine, si l’on ne devait voir qu’un polar asiatique mêlant action, suspense et tension dans les mois à venir, ce serait assurément
Connected. Pour sa capacité à nous emporter et plus encore pour les images qu’il nous offre entre grand spectacle et esthétisme recherché. En somme, franchement réussi et preuve que le cinéma asiatique peut réussir là où nombre de ses concurrents échoue,
Connected est une heureuse surprise signée du toujours très productif Benny Chan.