Quatrième jour de compétition à Deauville sous un temps toujours aussi inégal alternant phases de pluie et soleil au beau fixe. Il en faudra bien plus pour nous arrêter; l'équipe de choc répond toujours à l'appel par ses impressions quotidiennes. C'est un peu comme l'Agence Tous Risques mais sans Mister T, bien que nous ayons en revanche notre Romain Le Vern national au charisme aussi légendaire que Barracuda.
Trêve de bavardages, concentrons-nous sur le programme du jour. Au menu, ce mardi, un drame avec les enfants des rues américaines, Dennis Quaid et Ellen Paige en mal de liens sociaux, et enfin une poupée gonflable au charme ravageur. Suivez le guide !
Le réveil matinal est difficile, soit 9h40 selon l'heure dvdramienne, mais tout le monde s'extirpe courageusement des bras de Morphée. Du courage, il en faut pour aborder à sa juste valeur le quatrième jour de la compétition avec
Gardens of the Night. Le film relate le quotidien difficile de deux adolescents déracinés vivant dans les rues américaines. Ils sont tous deux liés par un lourd passé inavouable qui rend leurs réinsertions d'autant plus compliquée.
Plutôt astucieusement structuré en trois parties s'imbriquant logiquement les unes aux autres, l'ensemble souffre néanmoins d'un déséquilibre dans certaines d'entre elles. Etrangement, la formidable première partie phagocyte les suivantes. Alors qu'elle n'est âgée que de 7 ans, Leslie est enlevée par deux hommes qui feront d'elle une prostituée. Elle fera la rencontre de Donnie, jeune garçon kidnappé dans les mêmes conditions.
Ce qui nous touche dans ce drame, c'est le traitement quasi-cotonneux dans lequel semblent baignées certaines séquences. L'histoire se décline comme un conte de fée moderne (
Le Livre de la Jungle y est cité à plusieurs reprises) avec son ogre et ses victimes innocentes. Les séquences de l'enfance montre un bourreau manipulateur sachant faire preuve d'affection, ce qui déstabilise toujours plus la petite fille perdue. A l'heure de l'adolescence, la jeune fille subsiste en squattant et en tapinant avec son éternel complice Donnie. La suite se montre moins puissante, moins percutante. peut-être que le virement vers le pathos diminue la charge émotionnelle ? Malgré tout, on retient déjà un film peu évident qui sait nous toucher, ce qui n'est pas la moindre de ses qualités.
Smart People était relativement attendu, puisqu'il s'agissait du nouveau film avec Ellen Paige qui avait déjà brillé ici même à Deauville pour sa prestation dans
Hard Candy. Depuis, l'actrice a encensé les foules avec un
Juno assez sympathique. Cette histoire de prof de littérature vaguement misanthrope qui change au contact de l'une de ses anciennes étudiantes accumule tous les poncifs du film indépendant contemporain. On devine son intrigue au bout de 10 minutes, les lieux communs sont légions. Ajoutons à la liste de ses tares, un montage médiocre cachant ses erreurs par une bande-son tubesque qui fatigue bien assez vite... N'en jetez plus ! De bons sentiments ne suffisent pas à transformer un essai filmique, et
Smart People ne fera pas exception malgré l'énergie de Dennis Quaid, Ellen Paige, et Thomas Haden Church (vu dans
Spider-man 3).
Avec le troisième film,
Une Fiancée pas comme les autres, Ryan Gosling confirme tout le bien que nous pensons de lui dans le paysage cinématographique américain. Lars, introverti maladif, n'arrive pas à nouer de relations intimes. Sa vie change radicalement le jour où il se met à présenter une poupée gonflable comme étant sa compagne. D'abord surpris, les habitants de la petite ville vont bientôt jouer le jeu et adopter l'étonnante Bianca. Jolie petite réussite que cette comédie dramatique signée Craig Gillespie (
Monsieur Woodcock) qui arrive à traiter de sujets graves (l'isolement affectif, la vie de couple conflictuelle ...) sur un ton entraînant. Délicieuse petite surprise qui prouve que l'on peut encore parler de sujets forts et originaux sans être rasoir. La salle le prouve en ayant très bien accueilli l'oeuvre. Malheureusement hors compétition, ce qui reste bien dommage.
Demain nous verrons
Miracle à Santa Anna, le dernier Spike Lee. Romain l'a déjà vu et n'hésite pas à le comparer au faiblard
She Hate Me. Notre avis demain dans ce papier.
Ce sera aussi l'occasion de revoir
Afterschool qui a subi un remontage depuis sa projection à Cannes. A suivre dès demain.