Par Kevin Dutot - publié le 23 janvier 2008 à 08h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h36 - 32 commentaire(s)
Voici une bien mauvaise nouvelle en ce début d'année 2008... Le comédien australien Heath Ledger est décédé hier soir à l'âge de 28 ans. Retrouvé mort dans son appartement New-Yorkais, les causes du décès sont pour le moment indéterminées mais les premières sources parlent cependant d'une overdose. Le comédien était actuellement en tournage du dernier film de Terry Gilliam, The Imaginarium of Dr Parnassus.


La carrière du jeune comédien débute en 1992 dans son Australie natale où il tourne plusieurs épisodes de séries et quelques comédies enfantines. Il se fait remarquer pour la première fois aux côtés d'une autre jeune star montante, Julia Stiles, dans une très libre adaptation de Shakespeare projetée dans un lycée américain : 10 bonnes raisons de te larguer. Le film ne rencontre pas un succès considérable et surfe sur la vague des comédies teenagers dont raffole le public adolescent. On trouve cependant dans cet étrange remake de La mégère apprivoisée un certain ton décalé par rapport aux productions du même acabit. Heath Ledger ne fait pas mouche mais commence à se faire connaître dans le milieu. C'est en 2000, dans le film de Roland Emmerich, The Patriot, que le comédien tient son premier grand rôle en interprétant le fils de Mel Gibson. A 21 ans, le jeune australien devient une star montante d'Hollywood et son rôle lui permet alors de décrocher la tête d'affiche de projets plus ambitieux et nettement plus visibles.


Ainsi, c'est dans le film Chevalier, sorte de comédie moyenâgeuse aux accents rock, qu'Heath Ledger rencontre son premier gros succès au box-office en tant qu'acteur de premier plan. Il n'aura pas attendu longtemps. Il interprétera avec une justesse déconcertante une ordure terrifiante et attachante, Sonny Grotowski, dans le dramatique et récompensé A l'ombre de la Haine de Marc Forster. Heath Ledger gagne en crédibilité et son nom ne rime plus avec de simples grosses machines américaines.


S'il perd quelque peu pied en enchaînant des productions mineures telles que Frères du désert, Le Purificateur ou Ned Kelly, on le retrouvera au meilleur de sa forme dans Les frères Grimm, l'excellente fable fantastique de Terry Gilliam. Formant un duo terriblement énergique et attachant avec Matt Damon, il s'impose comme l'un des meilleurs comédiens de sa génération. La première consécration arrivera peu après dans le western ambigu et intimiste de Ang Lee, Le Secret de Brokeback Mountain, pour lequel il sera nommé dans la catégorie Meilleur Acteur aux Oscars et aux Golden Globes. Il y est incroyable de fragilité et de virilité, à la fois pris dans un élan amoureux incontrôlable et cherchant à contrer des sentiments inavouables. Heath Ledger fait ici état d'un talent gigantesque. Aux bas mots. Un jeune comédien prenant autant de risques avec son image ne se trouve pas à tous les coins de rues...


L'étoile qui monte n'en finit plus de grimper et devient l'une des facettes de Bob Dylan dans l'excellent I'm Not There de Todd Haynes. Aux côtés de Charlotte Gainsbourg, il y interprète une star sans repères, mordant la vie à pleine dent et perdant pied dans un milieu qu'il ne maîtrise pas. On l'attendait également dans la petite production australienne, Candy, sorti dans quelques pays à travers le monde et dans lequel il tombait éperdument amoureux d'une jeune demoiselle mais également de son addiction pour l'héroïne. Un conte de fées qui se transformait peu à peu en cauchemar...


Mais c'est certainement avec son interprétation du Joker dans The Dark Knight de Christopher Nolan qu'Heath Ledger allait exploser, devenir une star planétaire, porté par un rôle pourtant difficile à reprendre après l'excellente et inévitable prestation de Jack Nicholson... Mais voilà, étrangement, tout le monde lui fait confiance pour faire de ce Joker le plus effrayant et certainement le plus touchant de tous les temps. Et il continuera de rire car nous rirons à ses côtés ! Un jeune comédien quitte aujourd'hui le plateau avec les honneurs...



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