Par Alexandre Jumel - publié le 09 août 2007 à 03h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h28 - 2 commentaire(s)
Le temps est bien capricieux, un jour il pleut des cordes la minute qui suit le soleil règne en maître. Si on ne peut pas faire confiance à la météo, au moins nous avons une valeur sûre pour ce mois d'août, la jeune Diane Fleri est l'espoir d'Excessif.com. Elle sera à l'affiche le 12 septembre dans Mon frère est fils unique de Daniele Luchetti. Portrait de cette pétillante franco-italienne.


Diane est une jeune femme de 24 ans née à Quimper, elle rentre dans la salle qui nous est allouée pour l'interview d'un pas rapide. Elle m'adresse un sourire et s'installe sur le canapé. Diane dégage une fraicheur et une joie de vivre communicative. Elle porte un petit chemisier à fleurs et un pantalon violet. Les présentations faites elle annonce la couleur, je suis désolée pour le retard notre interview était prévu à 15h il a été décalé à 18h, mais j'ai eu un problème à l'aéroport de Milan. Il y a eu un décès dans l'avion, je porte en plus du violet, c'est une couleur de malchance en Italie. Pourtant ce contretemps ne semble pas l'avoir affecté et sa joie communicative s'installe lors de notre entretient.

Sa vie est principalement faite de voyage, son origine Française elle le doit à sa mère, petite elle a du quitté la France pour Israël, son père est un diplomate italien. Elle y restera 8 ans et déménagera pour Malte où elle y résidera pendant 3 ans avant de finir son périple en Italie à l'âge de 12 ans. Ses voyages et le contexte originaire familiale font de la jeune femme une personne multiculturelle, Ma mère est française mais est née au Vietnam et mon père est italien mais est né en Estonie, vu qu'on a pas mal voyagé je me sens un peu sans racine. Quand je suis en France je me sens Italienne et quand je suis en Italie je me sens française. Diane est la seule de la famille qui se retrouve à travailler dans le monde artistique. Il n'y a personne dans le monde du spectacle dans ma famille ! et au début ça n'a pas toujours été évident d'expliquer cette envie. Ca a été accepté mais avec une certaine réticence.


Cette passion commence toute petite, elle jouait déjà sur scène dans les spectacles d'école, mais cet engouement ne se limite pas seulement à la comédie, Diane s'intéresse à l'art avec un grand A J'ai fait de la danse, du piano, du théâtre, finalement c'est la faute de mes parents si je me retrouve aujourd'hui dans cette situation ! (rire). Ce qu'elle prenait pour un jeu se converti petit à petit en une obsession, elle passe plus de temps à travailler ses textes qu'à étudier. Son premier long métrage est Comme toi de Gabriele Muccino. Elle accompagnait un camarade lors des castings et c'est finalement elle qu'on a choisi pour jouer un rôle dans le film. Cette première expérience cinématographique n'a pas été un déclic pour Diane, la jeune femme ne perd pas la tête et travaille tranquillement son théâtre de son côté sans rêver du 7ème arts.


Diane dans Mon frère est fils unique de Daniele Luchetti sortie le 12 septembre 2007

Six ans séparent les deux films, entre temps une directrice de casting qui l'avait repérée lors de comme toi n'a cessé de l'appeler pour divers castings, j'ai fait des pubs, des courts métrages, des rôles pour des téléfilms mais j'ai décidé d'aller à Paris pour faire du théâtre. Je suis partie en me disant que si ça se passe bien pour moi maintenant, ça se passera bien aussi plus tard. Elle a continué à m'appeler et m'a fait venir quatre fois à Rome pour le casting de Mon frère est fils unique, A la quatrième fois j'étais prise. Diane joue le rôle de Francesca dans le film, c'est sûr que le faite que je sois française m'a aidé à être prise et le réalisateur en a profité en transformant mon personnage qui était de Turin en une franco-italienne. Tout au long de notre entretient la jeune actrice reste très dynamique, parlant avec sa main, sourire au lèvre elle aborde les conditions de tournage. Le travail d'un acteur n'est jamais juste son travaille c'est toujours le résultat de sa rencontre avec le réalisateur. Il n'y a pas eu de construction de personnage, le réalisateur (Daniele Luchetti) nous a laissé une très grande liberté, on pouvait changer les textes, d'ailleurs c'était lui le premier à le faire. Le film est une comédie dramatique qui met en scène des acteurs connus italiens, notamment Riccardo Scamarcio et Elio Germano. C'était très intéressant de travailler avec eux..Elio Germano a beaucoup travaillé avec le jeune acteur notamment au niveau de l'intonation de la voix, il a énormément travaillé son personnage, le film est basé sur lui. Avec lui tout c'est passé au moment des prises de vue, après le CLAC. Avec Riccardo Scamarcio c'était disons…différent. Déjà je me suis faite haïr par la centaine de groupies qui le poursuivait lors du tournage, c'est le beau gosse en Italie, le latino dragueur (rire). Avec lui on a travaillé hors des prises de vue, pour créer une ambiance, il respectait beaucoup les textes.

Le film a été sélectionné au festival de cannes dans la sélection officielle un certain regard. J'avais déjà été à Cannes au nouvel an 2006 en me disant peut être que je reviendrai un jours… et puis quelques mois plus tard j'y suis ! Je dois dire que tout se passe à une vitesse (rire). Il faut profiter du moment quand le fer est encore chaud comme on dit en Italie. Cannes au festival n'est pas Cannes des autres moments. C'est une ville romantique, intime, et puis en mai elle se transforme, c'est de la folie. Pour moi c'était un peu violent, quand tu passes d'une projection de film et qu'ensuite tu pars faire la fête, les lumières les soirées jet-sets, Tout te tombe dessus, c'est un univers très violent.


Le temps défile très rapidement toujours radieuse et expressive, elle nous envoute moi et le photographe par sa gestuelle qui accompagne ses paroles, il faut malheureusement clore notre rencontre (d'autres confrères attendent gentiment leur tour). Aujourd'hui Diane finit ses études à Sciences Po je ne sais pas ce qui va se passer pour moi plus tard on ne sait jamais. De toute façon je trouve extrêmement con de s'arrêter, de s'enfermer dans une bulle, un monde, sans s'ouvrir l'esprit à tout le reste. Avec Science Po je m'enrichis, c'est aussi une sécurité. Ses projets artistiques sont un rôle dans une série Télé italienne, la préparation d'une pièce de théâtre en France nommée « Que Faire » La jeune femme aime Damien Rice, The Chemical Brothers et Yann Tiersen, elle a été touchée par Le labyrinthe de Pan et apprécie énormément les actrices françaises Isabelle Huppert et Isabelle Carré.

Ici s'achève la rencontre avec Diane Fleri ! Nous nous reverrons certainement dans le futur pour une carrière qui se profile doucement mais sûrement.

Propos receuillis par Alexandre Jumel
Photographie : Charlie Jalabert


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