Retour sur la 15ème édition du festival international de Contis, comprenant à la fois des avant-premières de longs métrages et une compétition de courts.

Par - publié le 20 septembre 2010 à 10h51 ,
MAJ le 21 septembre 2010 à 14h24 - 0 commentaire(s)

Du jeudi 16 septembre au lundi 20 septembre, Contis défendait pour la 15ème fois les courts-métrages qui révèlent les talents potentiels de demain.

 

La Vie au Ranch de Sophie Letourneur

 

Betty et Rainer sont de retour ! Grâce à l'investissement de ces deux cinéphiles toqués vampirisant pendant toute cette période la petite ville de Contis (les Landes), on a donc pu découvrir une myriade de courts métrages certes inégaux mais pleins de promesses. Il y avait notamment ceux de quelques cinéastes confirmés (Diane Wellington de Arnaud des Pallières, Quatuor de Jérôme Bonnell), d'acteurs qui tâtaient non sans talent de la mise en scène (C'est Dimanche de Samir Guesmi) ou de novices doués, fréquentant des registres diamétralement opposés : la fiction politique sans démagogie ni pathos (Waramutseho de Auguste Bernard Kouemo Yanghu), l'angoisse en suspension (Dans la jungle des villes de Stéphane Demoustier et Denis Eyriey - l'un des plus intéressants), la réunion pop de fantômes solitaires dans une Amérique post-11 septembre gangrénée par la peur du contact humain - donc des mortels (Far From Manhattan, de Jacky Goldberg), la déshumanisation des mégalopoles anonymes - réchauffées par la musique (7.57 AM PM de Simon Lelouch) ou la comédie paillarde au goût, disons, discutable (Le cochon, le naïf et le charlatan, de Vincent Burgevin et Frank Lebon). 

Ce qui se dégage de tout cela ? Une infinie variété, allant de l'amateurisme le plus complet à une maîtrise manifeste. Chacun pouvait y trouver son compte - dans l'ensemble, la qualité était supérieure à l'année dernière. Dans sa lourde tâche, le jury, composé entre autres de Sophie Letourneur (la réalisatrice de l'excellent La vie au ranch, également présenté en avant-première), a décidé de récompenser Traverser, de Marine Place (prix Beaumarchais, prix du jury) avec un prix spécial à La tama, de Martin Costa, et une mention spéciale à Tre Ore, de Annarita Zambrano. Le prix CinéCinéma, qui détermine le goût du public (de plus en plus nombreux chaque année), est revenu à C'est dimanche, de Samir Guesmi. Et c'est mérité. A noter aussi une mention spéciale à La guitare de diamants de Frank Beauvais.

Autrement, le festival a été illuminé par la présence de Hanna Schygulla, la divine actrice Fassbinderienne, accompagnée d'Alicia Bustamante, figure légendaire de la scène théâtrale et cinématographique cubaine et objet d'un documentaire sobrement baptisé Alicia : l'une filme l'autre avec une fascination non feinte. Le public l'a chaudement accueilli, manifestement content de retrouver cette icône, par ailleurs d'une simplicité et d'une classe inouïes. Quelques prestations musicales réjouissantes, dont celle d'Arthur H. faisaient également partie de cette fête du "petit cinéma qui promet d'être grand".


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